ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2023

30/09/2023, de midi à minuit

De bouquet
En bouquet,
Du dru bombant la cellophane,
Au diaphane,
À l’éclaircie,
En la forêt, gigogne,
Se devine le bosquet,
Jusqu’à l’if,
En pointe de compas
Le long rectiligne
D’un sentier
Aperçu toscan,
Les fleurs
Se recombinent,
Branchages séchant,
Une palme olive verte
Mûrit
Et karagöz sur fond
De mur blanc,
Une main sans fin
Agite son encre de Chine,
Et les doigts ne laissent
Aucune trace
De leur passage
Sur l’ingrain,
Les tiges raccourcissent,
Les vases,
De plus en plus fins,
Les feuilles recroquevillées
En serre d’oiseau,
Aujourd’hui
À peine un trait,
Sur un pétale au pinceau
À un poil,
Rehaut d’un cheveu
Blanc,
En piébaldisme,
Et demain,
La neige,
Une rose
Blanche,
Dans le corset long
Du soliflore transparent,
Une trinité de marguerites
En sarcophage,
Soutenir les tiges
Aux os de verre,
Trois tubes
En minerve,
Ainsi les fleurs s’égaillent
Les cartes sont rebattues,
Le bouquet de jour en jour
Réduit
A donné le jour
À six petits
Arrangements
Avec la vie,
Révolution

30/09/2023, pavé de bonnes intentions

Jpeg

30/09/2023,

La solitude
Ce ver solitaire
Vers solitaire, pierre montée en solitaire
Ce chaton chatoyant, gemmologiquement
Et l’unique cordeau Guillaume Apollinaire

30/09/2023, dernier jour du mois neuf

Âcre grain de sable, le meilleur d’elle-même
L’ huître,  boule au ventre, secrète sa nacre

Jpeg

29/09/2023, étourneaux

Jpeg

29/09/2023, langue au chat

Comme un point impassible
Sur un I,
Plumes à la cire,
Le choucas
Est la mouette
Du Stryge
Encoignure accoudée
À son bastingage
De pierre,
La houle étain
Des toits en zinc,
Et ciel de Zélande plombé,
Pluie
Fondue au bistre clair
De la nuit,
Et le châle de la brume,
Vers les hautes tours,
Il flotte,
Comme un air d’ennui
Être pensif,
Et Puck
Mêmement,
Pétrifié
Qui a conservé
Sous son aile
Enfant enfoui,
Son cœur battant

29/09/2023, labeur

Du chaos de pierre,
L’épure
Gravée dans le talc.
Dans un nuage
De calcaire,
La brièveté
D’une rose
Dans sa châsse de verre,
Le bourgeon d’une colonnette,
Le temps du rêveur
Que le vent feuillette
Pages qui s’étoilent
Sans un craquement,
Sérac sans paroles,
Mais poussière laquée
Par le gel,
Voile de la comète
Dont la décantation
Tombe
Et sédimente,
Et fond en un grésil
Tiède
Au premier mouvement
La nuit a fait en abondance
Son temps
Pour ce jour,
Goutte de rosée
En signet
Entre deux pages
De l’antiphonaire,
Posée en coussin
Sous la pointe sèche
Du carnet
À dessin

271ème jour de l’an

Pour faire peau neuve
Se savoir lépreux
Tombe, le salpêtre
Ce savoir lépreux
Ombre de salpêtre
Les masques sont
Faits au fur et à mesure,
Tendus sur l’ossature
Du moment,
Comme un calque.
Rien n’échappe,
Ni ombre,
Ni relief
À la hachure
Du crayon gras

28/09/2023, les poulaines attendront

Le cerf
Au pied de biche
Fend et se sert,
L’armure,
La ceinture
Porte du magasin de chaussures
Pour son faon,
Au pied de page menu,
Pantoufle de vair ?
Ça laid !
Sabot ?
Ça plaît
Le cerf tête
Basse
Ne roulant pas carrosse
Se carapate
À toutes jambes,
Le petit sous le bras
Chaussé du fruit
Du larcin aux pieds lacé.
Le petit,
Avec ses gros sabots
Et Père-la-morale sur les bords
Rappelle au cerf
« Tu as franchi le Rubicon »
« Il eût mieux valu régler rubis sur l’ongle »
Son ongulé de père
Retient la leçon
Délace le fils
Replace en rayon
Les deux cartons,
Le rouge au front
Affable,
Mais petit tout de même,
Le faon se démène
Et se déhanche
Prend son père
Sous son aile,
Sport extrême,
Mais l’âge est là,
Avec toute sa souplesse,
Il avance,
« On ne te mettra pas aux fers »
Le père regarde le bout de ses pieds
Ils ne sont pas nickelés.
Ainsi font font font les faons
Faisant la leçon
Le père n’est pas rosse
Et sans se mettre à dos
Son fils à cheval sur les bonnes manières
Se fend d’une bise,
L’installe en haut du garrot,
Au trot,
À la maison.

28/09/2023, après la virgule

Tous les matins
Au puits
Chercher l’eau.
Le sourcier attend
Son heure, fait bonne figure
Le tas de pierres à rogner
La corde,
Le seau
La margelle
Ont été déposés,
La Soif crevasse
Les lèvres
La parole louvoye
Et se coupe
Sur les arêtes
L’impatience
Se frotte les mains,
Les ongles noirs
De terre
Grattent
Au hasard,
Sans lecture
De la carte où s’inscrit
À la demande
La croix
Sur l’île
Au trésor,
Le schéma
De la pelle