12/09/2023, colline blonde

Herbe-saumon
Qui persiste
À repousser
Aussitôt qu’arrachée.
La tête la première,
Entre les doigts verts
Des gants de jardinier.
Et si j’ôtais,
Ex machina,
Le corset de pierre
Des pavés,
Entre lesquels
Elle s’élève,
Elle,
Moins poisson
Qu’herbe,
Brusquement.
Fin d’une ère,
Ou le déséquilibre ?
Je suis l’intrusion
La nuit translucide
Sur le fruit des vendanges,
Pierres de lune

Aucune de ses faces
N’est indemne
De coups
Là,
La flétrissure
Où pulluleront
Les insectes,
La peau est fine
Et le suint odorant
Les attire,
Annonce
La fin prochaine,
Mais sous le masque,
L’idéal
De la chair
Au grain ivoire,
Impeccable,
Avant qu’elle
N’expire,
Poire
Pas de vent,
Pas de brise.
L’air retient sa respiration,
Tout monte droit,
La fumée prend l’escalier,
Coupée par le vol en V
De deux ailes,
D’un fuseau aile de corbeau,
Homme-oiseau
Sur fond Folon
Le ciel,
Couleur de foulard
Peint
Sur de la soie,
Les impressions odorantes
Et colorées
En tresses d’ail,
Et chat tigré,
Les nouvelles fortes
Sueur du
Monde,
Présence
De l’Amour,
Comme une eau fraîche
De montagne
Sur le front rêche
Du reg,
Ampoules tilleul
Des coings
L’arbre
Est lustre,
Et chandelier,
Et rose
À la pulpe
De crépon
Qui s’immobilise
Dans le temps
Prend ses quartiers
D’hiver,
Au-dessus du berceau
Le mobile
Projette
Les silhouettes
Découpées
En ronde
De petits moutons
Des pensées,
La berceuse
Fait son office,
Pierre ponce
Gomme les aspérités