ce que vos yeux vairons

03/10/2023, terre inconnue

Des décombres, ne faire table rase, les laisser
Aller jusqu’à la décomposition, substrat
De terre noire, débarrassée des piétinements,
À l’haleine de cave les harangues, au tamis
Très fin, que ne passe l’obèse amertume,
Mais demeure, de riche odeur, bruyère mêlée
De poudre de corne et de sang séché,
N’avoir de cesse d’en nourrir la lande pauvre
Du pardon, et l’oubli, sa pierre de fondation

04/10/2023, y voir goutte

Temple de pierre de lave, manteau doublé de vair
Sphère, baie d’un seul tenant, limpide est la nuit

À  Jeeves

04/10/2023, sel de fonte

Elle est fruit unique du compotier, la fleur
De nénuphar étoilé, son ciel, cresson frais
Étrange singleton, frère de l’orange bleue

04/10/2023, le chandelier

Hiver nu du pommier, et soudain la nuée
Aux places vacantes dont les fruits sont bougies,
Cire or et flamme bleue, les mésanges prennent
Feu, ce lucernaire bruissant nourri de grain,
Et le clair-obscur du plain-chant, la louange
Au pain de tournesol, la nuit, illuminée