ce que vos yeux vairons

06/10/2023, carences

Ses pieds dépassent-ils maintenant des barreaux,
Et sa tête en prison, du collet du lit-cage,
D’enfant en son crépuscule, muet comme une tombe
L’orphelin-faon qui se balance, le métronome
Compte les bras absents, rythme le long silence
Les racines en chignon de la plante en pot
Lotus d’or immobile, ses socques saignent, deux gouttes

06/10/2023, explicite

Le soir Jeeves ouvre la bouche, il ne parle pas
Poésie, mais avale le soleil, lanterne
De papier de riz, la lumière, vernaculaire

À C.

06/10/2023, comptine

Montagne gestante des millions d’années, marbre
Berceau de la neige berçant le renardeau
Blanc sous les versants tièdes, arbres à caroube
À l’instant où la scie, avec son ruban d’eau
S’avancera tu sauras pour tes enfants blonds
Ce qu’il en sera, la neige, poussière de flocon,
Et la sauvagine, en fraise élisabéthaine,
Dentelle de pierre ultime au cou d’un gisant,
Mais si, tombés de ce côté-ci de la scie
Circulaire, celui de la poudre de calcaire,
Hors la crypte, la vie, seront bâton de craie.
Porté à l’oreille, un petit garçon écoute
Fragmentée, la chanson des porcelaines, La mer
Qu’on voit danser, le long des golfes clairs, en scène
Devant le rideau, l’écume et le renard d’eau