18/10/2023, une nuître, la lune


Bricollage
Travailler la poussière déposée sur le verre
Je suis femme de ménage je ne le crains pas
Se regarder dans la glace hiver des vitres
Laver à grande eau l’opacité, la vadrouille
Sur le plancher immergé du bateau, tresser
L’osier de la dulse, avec les rais du soleil
Sous-marin en chevelure or balayée
Par le courant, la plongée vers le fond des choses
Taille ceinturée de gueuses, lanterne sur le front
Voir sommeiller les baleines debout sur leur queue,
Les bercent les nourrices sirènes, un poulpe,
Natte, barbiche, calligraphie à l’encre de Chine,
Son pinceau en poil de poisson-chat Oncle Ho,
Sur la face intérieure du chiffon, les traces
De phrases désordonnées, anagramme du rêve
Nuage blanc, et pluie fine, vif-argent est Jeeves
À tous les visages du ciel sont les siens
Pour C.
L’eau, si claire et pure, revendue au marché noir
Cent fois son prix, dit la voix à la radio eau
Le journal dit ce pays a besoin d’une trêve
Martin Luther, ce pays a besoin d’un rêve
L’orientation de la lumière sur la pierre
Ponce l’arête du pavé roule dans la cour
Des petits, poches lestées d’agates jouent aux billes
Sous, image d’Épinal, le voile d’un tilleul

Bricollage
Le buisson aux tessons, haut du mur couronné
D’une rangée de dents de requin de verre plantées
Dans le béton
Mais le pied sûr de la chèvre sur l’acacia
Celui d’un gymnaste sur la poutre de bois
Se pose entre l’aiguille de deux épines
Mais un monde acéré pour le sabot glissant
Sur le vernis laissé par les pluies de l’hiver,
La langue clouée, le bêlement, étonné
Les doigts au rabot sur les vitres sont au Nord
Où siègent des soleils opaques, des eaux à briser,
Des terres frissonnantes tombent les maisons
De pisé un chat s’ébroue couvert de poussière
C’était un doudou, un air de doudouk coupé
En deux en un hejnal, les montres, à l’arrêt