ce que vos yeux vairons

10/11/2023, porte au heurtoir

C’est ainsi que je me nourris.
Le geste ample de Jeeves qui rassemble
Et mène à la bouche les débris de pain épars
Sur le plateau de la table,
Rien ne sera jeté aux chiens.
Celui, sur, du silence,
Émietté en fragments minuscules
Pour le lombric fabriquant
L’or noir,
Être chtonien sur lequel tant repose,
Une série d’anneaux roses
Devant lesquels mettre genou en terre,
Il éboue, le plomb de l’amertume
En métal précieux,
Tout comme celui qui me parle,
Auquel je réponds,
Flux de la réflexion
Limon de la pensée
Riche loess,
Boue érigée en homme
Nihil, la houe trace un sillon
Dans le sillage d’une paire de bœufs
Les rives sont vertes,
Coronarographie de la vie au désert,
Fleuve Nil,
Son avancée

10/11/2023, vers l’intérieur

Sur la route puis le champ, passe le V tremblant
Au ciel battant des ailes, au son du chant de marche
Sur la mousse du blé d’hiver à peine levé,
L’ombre de cette pointe de flèche, et chaque oie
Qui part en affûte le silex, un flocon
De neige tombe, rémige de l’au-revoir

10/11/2023, l’air du temps

Fanion, rose joue au jardin les prolongations
Deux colonnes d’or aux portes du cimetière
Les marronniers, phare à l’éclat fixe,
Leur torchère met en lumière les maisons des morts,
Au visage des vivants donne de la couleur,
Celle du pisé des villages de santons
Patine du cuivre aux chrysanthèmes
Qui vont entrer dans leur hiver,
Deux chats, Étoile Mystérieuse, épaississent,
Duvet d’eider et pelisse de loup, leur fourrure
Deux autres nouent une alliance pour se tenir chaud,
Poil ras, nécessité fait loi,
La pluie nettoie les carreaux