ce que vos yeux vairons

Mois : novembre, 2023

20/11/2023, ses sens

Orangé luisant vernies
Feuilles de buis, le lampadaire
De nuit verse sur le buisson
L’éphémère d’un décor
À huit heures, la minuterie
Met fin, quand le jour point
À l’illusion
La guirlande s’éteint,
Le cuivre verdit sorti de l’ombre,
Encensée par la pluie
L’odeur amère échevelée
Loin du cordeau des topiaires,
Verdure de fond de jardin,
Une encoignure qui se calfeutre contre l’hiver,
Étend ses bras,
La découpe d’une porte,
Entre l’inextricable des rameaux,
Un œil de chat il faut,
Pour en distinguer la serrure
Et le linteau
Errant,
L’état d’esprit du chat,
Guetteur-veilleur

19/11/2023, Néo

Posé
À la pointe d’un croc,
La délicatesse du lion,
Infime Fabergé,
Un œuf de poisson.
La flamboyante crinière
Attend l’éclosion,
Pour la première fois,
Père,
Une larme coule
Dans sa gueule,
Berceau tiède
Pour l’enfant

19/11/2023, table ronde

Matin, bubble tea
Emperlée de rosée,
La toile d’araignée
Dans ses globes de dentellière,
Tout l’univers,
Son pré carré
Émeraude,
Le monde en thé,
D’Amour et d’eau fraîche,
Seul trésor
Dans sa carnassière

19/11/2023, changement de perspective

La considérer frontalement,
Elle est hérissée de clous.
Un pas de côté,
Les épines,
Anamorphose,
S’étirent
En une ligne,
Escalier
Aux marches ajourées,
De la tige
À la rose

18/11/2023, en soi

Quoi qu’on dise,
Ou comment,
Elle ronge les digues
De la brillante Venise
Qui s’affaisse
Dans la lagune d’une phrase,
Porte au jour
Les pieux de la charpente envasée,
Vert écorché en haillons d’algues,
Vérité.
Aux os creux,
Le refuge dernier
Du flux sans fard,
Rupt de la moelle.
Mirage de l’oasis,
Poésie de soie,
De tapis d’apparat
Qui occultent l’insinuante réalité du sable,
Les météores tombés du ciel,
Peau noire brûlée et cœur pailleté
Que tu t’uses à chercher en retournant le sol,
Sont les vivants que tu croises
Sans les regarder,
Qui croissent parmi les fleurs
Discrètes,
Immarcescibles roses
Aux tiges de grès,
Matière à sanctuaire,
Dont l’encens,
Le nez au calice
Se respire.
Scopie de tes intérieurs
Tu produis de la bile,
Le débit d’un large fleuve,
Tant de pierre,
À laisser se dissoudre,
En cire perdue.
Faire peau neuve
Sur le gabarit,
Colonne
Du mannequin d’osier

17/11/2023, l’heure de prendre le thé

S’enfoncer dans le sillon
Au bout de la perche, une lanterne de papier
Poisson des profondeurs à la large gueule
Tu n’es pas seule
Ton ombre te suis,
Pas à pas,
Réfléchie,
Que renvoient,
Ondes de l’écho,
Les parois
À l’eau épaisse
D’ombre

16/11/2023, en pensée

Jpeg

Bricollage

16/11/2023, en retrait

Jpeg

Bricollage

16/11/2023, au lamparo

Sous mes yeux, tout un pan de la maison d’en face
Glisse peu à peu, retenu par le pignon
Qui prend feu, octobre artificier hanabi
A remué les tuiles rouges, mosaïque
Un mah-jong de vigne vierge non ignifugée
Vert-rubis, l’automne et l’été, des siamois
Reliés par le tiret, Oncle Ho miaule,
Son répons au clocher,
L’heure est là au jour
Pêche au narguilé
Je décroche de l’hameçon
Le vis-à-vis,
Poisson dont les feux de Bengale
Brasillent dans l’eau,
Évanoui
Il pleut,
Poème en carafe.
Aérer la maison
Salive sur le masque
Du scaphandrier,
Je lave les carreaux

15/11/2023, leben, lieben

Ai-je cuit,
Écrit du bon pain
Aujourd’hui,
Dense,
Une céramique au feu,
Les plombs qui virgulent
La grisaille des vitraux,
Ouvrir les portes,
Entrent les chats félins
Et nos parents chats humains
Être le tourier,
Que tournent les tambours de verre
Aux orées,
Sur les cohortes des aimés,
Ai-je fait plus que lever la poussière
Et retaper les oreillers
De la chambre
À coucher sur le papier,
Du poème