15/02/2024, selon l’almanach
De terre aujourd’hui parmi les feuilles sèches
Et dures,
La course en tête,
lièvre des jonquilles
Le premier alstroemère
Son cœur bat la chamade
Verra-t-il l’été
De terre aujourd’hui parmi les feuilles sèches
Et dures,
La course en tête,
lièvre des jonquilles
Le premier alstroemère
Son cœur bat la chamade
Verra-t-il l’été
Ces deux faces de la sphère inlassablement
Se succèdent et se fécondent
La ballerine de la boîte à musique tourne
Sur sa pointe,
La longue file des mains pour lui donner souffle
Les ongles sales, et la peau douce
À la complexe mécanique du coeur,
Ce jour quatorzième de février
Et la concomitance
Étroitement jointées
Ces deux pierres,
Front de cendre du camée
Transfiguré
Amour
Une fraise de papier cristal
Couronne solaire déposée
Le soleil, lui, repose ostensiblement
Dans le vase
couleur de feu
Les fleurs rouge et or silencieuse lampe à huile,
La lumière, en Chambre d’Ambre,
Laque les murs, un lé sorti de l’ombre,
Comme une icône sans visage encore
Mais silhouette ramifiée de branche
Venu du jardin, une bribe de nuage,
Pour tout décor
Le bouquet,
Les séracs craquant lorsqu’on les lisse
Du papier irisé
Dépose sa nacre sur les doigts, éphémère,
L’écrin et la perle,
Consubstantiels

Transie Vénus issue des glaces fait les cent pas

Leur herse de glace fond
Les stalactites ruissellement des glycines
Qui poussent leurs grappes dans la place
Laissée tiède sous l’avancée du toit
Elles prennent le deuxième quart
Violette lavande, la couleur
Reste dans la famille
Hématome de colchique à fleur
De peau
Puis le corail,
À la tierce
En Calder tournoyant le long
D’un fil
Les piments de l’été
Rutilantes cornues
Des grains de chapelet
Déroulent leur phylactère
Jusqu’à la rouille
Chaque rayon, paille
Plantée jusqu’au sang,
Le soleil aura tout bu
S’essuiera, septembre
La bouche sur la vigne
Rouge Baiser en laque appliquée
Sur les feuilles
Qui alignent une rangée de lumignons
Ils feront leur office
Jusque passés Toussaint
Et seuil glaiseux
Et fièvre quarte
Novembre décroche des cimaises
Les guirlandes le feu aux joues
Avant que, en goutte au nez
Sous l’avancée,
Ne tombe
Le premier flocon
Il tombe, si le souffle des vivants,
Ce vent qui supporte ses ailes
L’air forgé d’une jambe de force
Rompt
Le souvenir pâli,
Tue, l’exhortation,
Plus un mot, l’opaque linceul,
Dans l’oubli

Un grain de levain au désert la langue morte
Fleurit une rose de Jéricho à la pluie
D’une unique goutte, étoile de mer, s’ouvre
En crosse de fougère
Un courant d’air, pour soulever une montagne