ce que vos yeux vairons

07/03/2024,

Deux trois et marche …
À travers la pluie,
Comme une étrave
Qui fend,
L’ison et trois mots
Lancinants.
La nuit, poussée
Sur le bas-côté,
Ils sont six
Et six brise-glace
À porter le printemps
Contre la joue,
Ainsi, les joueurs
De violon,
D’un pas retenu,
Comme on raccourcit la laisse
Au cou d’un chien,
Remontent et se mêlent
À la surface de la mémoire
Les débris du naufrage,
Ce qui flotte
Est le plus léger
En ce soir de février,
Une odeur de benjoin
Brûle, plissé soleil
Papier d’Arménie,
Et le chant
Aux doigts errants
Un parfum,
Au sillage,
Aussi large
Que celui du bateau
Blanc d’écume fraîche,
Et la mer est libre
Rien de froid ne broie
La coque qui avance,

21 février 2024, le soir

07/03/2024, jardinet

Pavé aux arêtes
Biseautées,
Sur le modèle des parcloses
D’un miroir grainé
De lichen
Dans l’interstice,
Un carroyage de mousses
Qui font le lit de plantules
Réduites à leur plus simple expression,
Du plantain lancéolé,
Pour Alice dans son terrier,
Un confetti de rocailles,
Entre deux doigts,
Je roule cette mie
La sphère d’un kokedama
Aussi gros qu’un pois
Monde végétal,
Je pense aussi
Au long phylactère
D’herbes, et de fleurs,
Bouquet de mariée
D’une princesse du Nord,
Frère déroulé
Du petit lé vert
Qui pousse
Entre deux pierres,
Et qui sur sa robe blanche
A brodé en tablier
Une litanie, de muscari ?
Que dit le souvenir ?
Consulter le devin
À contre-courant
Celui du futur
Accompli