ce que vos yeux vairons

Mois : mars, 2024

23/03/2024, le temps d’aérer la maison en très grand, 8

Tous se souviendront de son nom,
Car n’a pas chanté pour sa propre gloire
À M.D. de l’infime chorale aux rossignols
En cage, dont la voix n’a jamais pris le dessus
Extrême rareté de sa couleur
Renonciation,
Sans amertume aucune

23/03/2024, le temps d’aérer la maison en grand, 8

Sur le livret d’épargne,
Le souffle rare,
Tous les os sont à moelle
Et craquent,
Y compris dans le museau joli
Des chats,
Influenza
Tu es dans la centrifugeuse
Où est passé le trou de ton nombril
Tu fais les poches du tas d’épluchures,
Rien,
Il est là, c’est rassurant
Le magnolia du haut de la rue,
Chef-d’œuvre d’un plumassier compagnon
Une rêverie de blanc, de gris,
De cernes de cendre de rose
L’œuf poché d’un œil
Qui a mal dormi,
Le temps est à la pluie,
Pour l’heure de gloire des jonquilles,
Le soleil s’ébroue
Pile poil au-dessus du jardin
Qui fait provision
De lemon curd yellow
Place de la réunion,
Petites tartelettes au citron pour Jeeves,
Et thé,
Oncle Ho est une boule mouillée,
Giboulées de mars,
La toux est une branche de houx que j’avale,
Mdr,
L’Amour ne s’apitoye,

À C., le garde-fou

22/03/2024, le temps d’aérer la maison, 8

Jpeg

Mouette

22/03/2024, le temps d’aérer la maison, 7

La voix en canon
Fut celle qui dit l’ami, lourd, porté sur le cœur,
Qui respire, l’inépuisable souffle
Les doigts, sur la nacre des boutons, la source,
L’accordéon
Et les feuilles mortes,
Réunies au printemps,
Tout l’hiver elles furent toit pour la petite vie
Qui remua la terre, chtonienne
Aux origines,
Tiédies, toutes les racines du jardin,
Catherine déroula le long phylactère
Iris
Agapanthe
Groseillier
Mis en terre l’année passée
Et qui fleurissent
Ton fils,
Et à la coque,
Quatre petits-enfants
En vin nouveau,
La ronde déchaînée
Élargie
Et les maillons,
Crochés
Pour de bon,
Jeanne à la couture,
Peut-être,
Pour la déchirure.

21/03/2024, le temps d’aérer la maison, 6

Il est revenu, tu es redevenu père,
Oncle, de lui à toi, le petit pont de bois
Des lattes du cercueil, die Glienicker Brücke
À la jonction de votre long chemin de croix
La dureté a déposé les armes
La Sagesse a dressé une table
Il aura suffi d’un seul coup de dé
Pour changer la face de la pierre
Pureté,
Dominique,
Il vous colle à la peau, ce prénom partagé
De père
En fils,
Le fil rompu,
Renoué,
Un bon début,

Esprit de John May

20/03/2024, le temps d’aérer la maison, 5

De mémoire.
Sous le dôme,
Colonnettes des épis de blé
Éblouissant soleil d’hiver les blondissant
Immarcescible ciel azur,
Dehors
Et dedans,
Le vitrail réagit ainsi qu’une joue
À l’afflux du sang,
Immobilité de Jeanne,
Et les cœurs battants,
Aujourd’hui, la réunion
Du billet déchiré,
L’autre moitié,
Et le cercle des vivants,
L’appel du printemps
L’air du temps
Est radieux,
Le verre du chœur,
En fleur,
La voix qui s’est tue
Entre dans le chant,
Canon,
Suspendu,
Larmes du styrax,
Et son encens

À oncle Dominique

20/03/2024, le temps d’aérer la maison, 4

Le silence avance
Prospère langue du glacier qui érode tout
Sur son passage
Lenteur,
Précision horlogère
Du piétinement
De l’ami,
Poudre de mépris,
Roulez la pierre, scellés de cire sur le tombeau
Le silence troublé,
Un brin d’herbe perce,
Rien de plus,
Au jardin
Calme

19/03/2024, le temps d’aérer la maison, 3

La poussière en bouchon
Sur le couvercle de la bouteille,
Doublement obturé, le sirop de menthe,
Frais,
Et le sillage d’herbe coupée
Par le sabord ouvert
Sur le pré fauché,
Je tiens le livre de bord
Sur la toile cirée de la cambuse
Choisir celle d’une péniche,
Tête minuscule
Corps de la cale distendu,
Une tique, grise et lisse,
Le bateau,
Un galet de granit doux
Sur la nuque d’Oncle Ho,
Ne faire provision
Jamais
De cartes de condoléances,
Qu’il y ait disette en la matière
Et courir chez le marchand de journaux
S’il le faut,
Fragile étai de la superstition,
Demain, il faudra écrire,
Un mot-couteau-suisse-en-échange-d’-une-pièce,
Mais qui y pense,
À l’échange des bons procédés,
Qui dise tout,
Sans être lapidaire

19/03/2024, le temps d’aérer la maison, 2

Il sera porté en terre le jour du printemps,
Cayeu en habit.
Il faudra parcourir les souterrains
Pour le reconnaître fleur,
Dans son costume
Des beaux jours.
Deux oranges en Chèvre de Monsieur Seguin
Disposées sur la table
Ouverture de la pêche,
Le soleil de 17h00 passe, train de laiton à l’heure
Et se coule sous
La ligne de flottaison
De l’horizon,
Hier.
Les jonquilles jaunes,
Le boa avaleur d’éléphant réjouit
Mon cœur
Il va être l’heure,
Je tapote le baromètre anéroïde
La tête du chat roulé en crosse de fougère
Qui indiquent calme,
Pas un brin d’air.
Faire le tour
Du Jardin-Amour,
Le chat a fini sa toilette
Fermer la fenêtre.

18/03/2024, le temps d’aérer la maison, 1

Être un ogre qui mange avec Parcimonie,
Trop souvent reléguée dans l’ombre, une amie.
Au matin, l’air vif circulant,
L’asthme de la cafetière
Et son filet brun,
Le temps consacré
Aux balbutiements,
Les chats t’inspirent
Pou et tique
Petit travail de terrassement
De la pensée,
Rien de plus.
Tout ce qui reste du jour
Plein des aimés,
De la cafetière à détartrer
Occupe l’interligne,
Un nuage,
Sur fond de ciel,
Tu dis blanc,
La page répond
Bleu.
Fronce les yeux.