ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2024

31/05/2024, Gemütlichkeit

Car le chemin est long,
D’ombres sinueuses,
La route couvre chaque bosse,
Chaque sapin est le reposoir
Autour duquel elle gire et repart
Jusqu’à l’orée du bois
Où le vallon des hommes se clôt,
Et le cède aux fougères,
Les hôtes de la petite auberge,
entre trois et cinq dénombrés,
Pas moins,
Les doigts d’une main,
Selon le point de vue.
Brigadoon,
La brume lève ses jupons
Sur les fraises,
Circule,
Entre les tables à peine éparses
L’esprit de Babette
Je m’y suis sentie attendue

31/05/2024, bauta, de charbon et de nuage. Carnaval

31/05/2024, papillon, papillon, papillon

Combien de fois naît-on au cours d’une vie ?
Ce matin de printemps
À l’imitation du maître du clair-obscur de Vic,
Tête droite de son joueur de cartes
Et regard qui s’étire
Par delà le cadre,
Libres confins,
À la dérobée,
Je bois,
Clairière parmi la forêt
De tilleuls, et herbes,
Au regard de Jeeves,
Ses iris d’eau,
Chacun,
Un sillon
Dans la cire de la mémoire.
Pierre blanche,
Hier était une grande nuit

À Christophe

31/05/2024, « Lost in the supermarket »

Un caillou qui semble avoir pris feu,
Tout de croûte calciné,
Tu passes le long d’une météorite,
L’invisibilité
Une géode rogercailloise
Un bloc serré sur son poing,
Dense,
Un haillon est son glacis,
Ne pas faire envie,
De prendre le Krach,
La citadelle,
Qui couve son œuf.
Cœur de grains noirs,
Poivre sous la surface
Parois de la géode sari safrané,
Papaye à l’écart
Perd de son eau
Exo/tique,

La contresaison

30/05/2024, byssus est son marque-page

30/05/2024

Ici
Est l’endroit
Où je me suis agenouillée
Devant moi-même.
Des fourmis dans les jambes

Aujourd’hui Jeeves grandit
Petit à petit
Il rejoint l’enfant
En lui,
La limpidité

29/05/2024, la nuit tous les chats sont gris

29/05/2024, dans la cabine d’essayage

Excepté les chats libres,
Fourrure déperlante,
L’espace d’une planche leur est abri,
La pluie nous pousse vers l’intérieur,
Les travaux de poussière.
Ni clef, ni barreaux,
Tout est sec, mais les fleurs fraîches sont au dehors.
Il ne tient qu’à nous de ne pas renoncer
À la mue
Pas à pas
Se glisser sous la peau,
Jusqu’à sa langue qui ne s’assigne,
De cette bête
De chat

28/05/2024, Nemo au miroir

28/05/2024, serres ouvertes

Ces jours de désert brûlant contre la plante
Les pieds des Aimés l’oya lentement sèche
Mais ne se fendille
L’écho de l’eau fraîche, de l’Amour qui ricoche
Le mot galet contre les parois de l’aven
Irrigue
S’il ne reste rien
Pierre en bouche ébréchée
Filet de salive au sang
Donne
Presse-le comme un agrume,
Ton or
Tombe en poussière
La serrure ouvragée
Du coffre-fort