ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2024

14/05/2024, du givre à la grive

Leise rieselt der Schnee,
Le torrent a le cœur gros
Des pluies,
Des neiges de printemps
L’oubli,
Fonte de l’espèce
Du rare flocon,
Mais le beau temps
Sur la forêt perdue,
Les arbres tors,
Étoile faîtière
Sur l’un des grands brûlés
Qui s’éteint
Leise singt die Drossel

14/05/2024, « pomme de reinette et pomme d’api »

14/05/2024, noire diluée

Roués des coups du sort, les arbres
La forêt se déboise,
Taille-crayon de cartoon
Le scolyte fait le ménage
Aligne les boîtes de Caran d’Ache
L’éclaircie de la clairière s’élargit,
Trou qui file à toute allure sur un bas et bée,
En pelade,
Mais par le dessous,
Sur les litières de mousses sèches,
Extra-terrestres incongrus
Chardons charnus
Et fleurettes percent,
Rien ne pousse à l’ombre des sapins ?

13/05/2024, orage, l’eau noire sur le verger

13/05/2024, la pluie

12/05/2024, lucioles

12/05/2024, aux Taureaux de Mai

De Neuf-Brisach à Ottmarsheim, le long du Rhin,
Le chemin conduit
Nombre de gouttelettes de coquelicot
Au-delà du glacis font pattes d’hermine,
Rouge sur fond de fourrure de graminées, bougent,
Le printemps fait vent de tout bois
Deux arbres de mai sont frères touriers,
Colonnes chantournées sur le pas de la nef,
Des anges volètent pétales de pommier
Détachés de la fresque fraîche, pluie de dragées
S’avance la noce

À Gilbert et son fils

08/05/2024, le jour

07/05/2024, voilier, au creux de la vague

07/05/2024, musique concrète

Six trompettes thébaines
Aïdéennes
Midi, par les ouïes du clocher,
Boîte aux lettres inversée
Essaime aux quatre points de la rose des vents
L’haleine du carillon
Chevauchée,
Volière des corbeaux
Libres, et de bonnes mœurs.
La faim me ramène
À ma condition
Dyptique
L’assiette,
Le verre
D’eau fraîche

À Christophe