09/06/2024, en sa coquille

Sur l’île en face du continent
Où sont les maisons fortes des capitaines,
Et les divans de pierre en demi-lune,
Qui encadrent les portails opaques
De bois clouté, leurs hiératiques
janissaires,
Roulé en boule,
J’ai retrouvé mon squelette,
Un chat que l’on bouchonne,
En lui comptant les os
Parmi le fatras,
L’infime lance-pierre
hyoïde,
Qui donne de la voix,
Quand le vent nordit
Le tout, dans un panier
Nous sommes partis vers la serre
Le desarticulé reprend chair rosie
Allongé sur une chilienne
De toile rayée
Les évents de verre ouverts
Sur le jour,
La verseuse du soleil éclatant
Sur les tilleuls qui passent la tête
Par l’écoutille,
Sous leur aile,
Le parfum,
Comme un flacon de sels
Sous le nez de l’écorché,
Gemütlichkeit,
L’oubli
En gare
Dans le train à l’arrêt,
L’attente est longue
Monte un sourd-muet,
C’est ce qu’il est dit sur son carton
Il ne mendie pas,
Il fait du troc,
Un minuscule objet fait sa publicité,
Il en dépose un à côté de chacun qui voyage,
Contre une pièce
De votre bon cœur
Tous ont la tête à admirer les quais,
Les distributeurs à candy
Avant que le train ne s’ébranle,
Il refait le trajet à contre-courant,
Le wagon dans le sens de la marche,
Ramasse sa verroterie brillante,
Sans une trace de doigts
Salue les nuques
Qui se massent,
C’est la vie