ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2024

09/06/2024, marionnette

Zéro neuf/06/2024

09/06/2024, deux songes

Sur l’île en face du continent
Où sont les maisons fortes des capitaines,
Et les divans de pierre en demi-lune,
Qui encadrent les portails opaques
De bois clouté, leurs hiératiques
janissaires,
Roulé en boule,
J’ai retrouvé mon squelette,
Un chat que l’on bouchonne,
En lui comptant les os
Parmi le fatras,
L’infime lance-pierre
hyoïde,
Qui donne de la voix,
Quand le vent nordit
Le tout, dans un panier
Nous sommes partis vers la serre
Le desarticulé reprend chair rosie
Allongé sur une chilienne
De toile rayée
Les évents de verre ouverts
Sur le jour,
La verseuse du soleil éclatant
Sur les tilleuls qui passent la tête
Par l’écoutille,
Sous leur aile,
Le parfum,
Comme un flacon de sels
Sous le nez de l’écorché,
Gemütlichkeit,
L’oubli

En gare
Dans le train à l’arrêt,
L’attente est longue
Monte un sourd-muet,
C’est ce qu’il est dit sur son carton
Il ne mendie pas,
Il fait du troc,
Un minuscule objet fait sa publicité,
Il en dépose un à côté de chacun qui voyage,
Contre une pièce
De votre bon cœur
Tous ont la tête à admirer les quais,
Les distributeurs à candy
Avant que le train ne s’ébranle,
Il refait le trajet à contre-courant,
Le wagon dans le sens de la marche,
Ramasse sa verroterie brillante,
Sans une trace de doigts
Salue les nuques
Qui se massent,
C’est la vie

08/06/2024

Le vide
Le néant, moins la présence des ruines
Pas l’ombre d’un vestige
Pas d’ombre
[Le temps suspendu à une tringle parmi les décors]

08/06/2024, nuages

Dans quel méandre
Hans as-tu trouvé refuge,
Entre quelles pages grainées de sable,
Marque-page,
L’essor d’un cheveu tombé
De la tête de Rosa ?
Le temps n’a pas de prise,
Ne rouille, ni ne grise la spire
De liseron qui étend son ruban
L’Arbre de Mai,
Haubans de satin,
Vernis azur
Et cerise rosée
Sous la brise,
Une étoile de mer
Tend un bras,
Là,
À couper le souffle,
L’espace, et l’instant
Marqués du sceau humide,
Elle inscrit à l’embrun
Quelque chose qui s’étend,
Le papier se gorge d’eau,
Entretenir,
Comme l’on fait d’un feu,
L’empreinte vive,
Que l’ampoule d’un brin de goémon
La nourrisse,
Enfançon
Au sein,
L’image,
Sous cloche,
Comme la rose,
Est-ce le vide
Qui ne l’altère
Ou cet air riche,
Velours du souvenir ?
Celui qui plonge
Fait son mélange intime,
Ce qui passe par l’ombilic
Du narguilé
N’appartient qu’à lui

08/06/2024, pensant à Roger Caillois, tout le pré dans l’œil du chat

08/06/2024

08/06/2024

07/06/2024, Mond, monde

07/06/2024, hermutique, boîte Tupperware

Le vieillard et le nourrisson partagent le même temps de parole

Midi. Je suis un nourrisson, Victor de l’Aveyron prononce le mot Lait

La roche à l’écho répond à la stridulation de l’insecte,
La pierre a un coeur

L’eau minérale, sa voix emprunte aux grès du torrent

La chair, le sang tiède ont moins de souplesse que cette face du tesson de verre taillé par les flots, diserte, claire, conversation avec un rai de lumière.
Rond