ce que vos yeux vairons

Mois : avril, 2025

Myriel~l’~étincelle

Porteur
De pain.
D’or,
D’eau enfin,
Kyrielle.
Atlas et Titan,
De la fange,
Fauchelevent.

Jean Valjean~la~bonne~nouvelle

Sérénité

Clore les livres d’or,
Parcloses du miroir,
Tain au mercure,
Métal coupant,
La tranche d’une feuille
Armée
Tranche dans le vif
Sa parole est vérité

F~or~geron

Âge d’or
Retour à la pierre taillée
L’âge du faire

À Jeeves~C

Sur ressort

Proche,
Lointain,
L’un attend le point,
Le trou d’aiguille du soleil
En son orient le matin,
Bas,
Haut,
Ostinato
En goutte d’eau
D’un oiseau clandestin~qui~es~tu ?
Spem in alium,
Une,
Et cent voix
Subito
Floraison,
Nuit,
Choral des coraux, la vie,
Ainsi le désert
À la première pluie,
Venue de toutes parts,
Une insurrection
Des couleurs,
En brusque résurgence
Voir ce que l’on entend,
Sens
Sens~dessus~dessous
Flotter dans l’espace
Qui est tu,
Rogomme d’un corbeau,
Ison haché rocailleux,
Qui perd un bout de pain
Dans le jardin,
Gagne
À franchir le gué
D’un rayon,
Sans changer de livrée,
Un bec doré,
Le miel
Du chant d’un merle,
Terne or noir du vent
En voix de ténor
Coeur incandescent,
Pureté de la coulée
D’un airain clair
Tombe du ciel
Le voile de la mue
Mise en lumière
Révélation
Au~dehors

Grain de sable

Maison Phénix

Parvis de l’abri sous roche
De la vallée montent en fumées,
Plaintifs les rêves
Des aurochs endormis.
Des jonchées d’éclats
De pierre de taille
S’enroulent sur le sol,
Tesselles en spirale
(Jeeves revient de Senlis)
Qui mosaïquent
Une labyrinthique
Ammonite,
Noire et blanche,
Semblable
À ces damiers
Roulés en boule,
Du plat de la main
Lissés,
Pour leur redonner
Une contenance.
J’entends dans le soir,
Sans le voir,
Le sourire de Jeeves,
« Celui~ci t’ira comme un gant »
Puis il ouvre son répertoire
D’immatriculation,
Où il inscrit,
Car il est inventeur
De noms de constellations,
En chantournées onciales,
Le chat~huant.
Proche la paroi,
Où s’anime
Un dessin déjà,
Dans le flamboiement
Du foyer,
Du bois
De coudrier,
Une bergère à oreilles
Qui se balance
Sur les défenses d’ivoire
D’un éléphant,
Le plan
D’un rocking~chair.
Pour admirer le couchant

D’éclair en éclaircie

Feuerstein

Jeeves,
Habile à chasser
Les T~Rex.
Il a ouvert
Une onglerie.
Selon la formule
De son bon maître,
De sa voix de baryton,
Il leur ouvre le salon,
Et les reçoit,
Mes doux agneaux, ça va saigner
Aussitôt sur le fauteuil
Installés,
À coups de serpe,
Il taille
La serre en faucille
Qui arbore
Au crochet
Le bout
De leur doigt.
Eau de senteur
De la poire,
En discrets
Coup de klaxon
Pschitt, pschitt,
Et nuage,
Eau sauvage.
Et voilà
Ces grands garçons
Pomponnés
Comme merveilleux,
Tout attendris,
Pasteurisation,
Leur serre
Les pinces
À l’au~revoir,
Houlette
De la bonté.
Pendant ce temps,
Je tonds la prairie,
Je m’occupe
Des chamaryllis,
Dans le beau linge,
Bain révélateur,
Je traque
Le faux pli,
Origami

Cas d’espèce

Hautement adaptable
Jeeves
Cro-Magnon.
Je suis de la vallée
De Neander,
Je longe les murs
Des souterrains,
Toujours du même
Côté de la main,
Un tour de magicien,
Pour s’extraire
Du labyrinthe.
Tu tailles
Des crayons
Dans des tiges creuses
De pissenlit,
Pour mes mines~images,
Tu ramènes du T~bone~Rex,
Tu apprivoises un chamois
Pour ses crottins
(Tirer les marrons du feu)
Faire égoutter les blancs,
Tu dis,
Bouquet en corne d’auroch, logis joli
(Marcel Marx achète les siens en solde pour Arletty),
Prunelles, pour la salade de fruits
Anachroniques litchis ?
Heureuse~je~femme~du~foyer
Les galets au compas
Autour du feu,
Tu en permutes deux,
Mon sens de la symétrie
Hautement perturbé
S’affole.
Demain,
En douce
Je reprends la main.
Tu verras.
Mais ne diras rien,
Amour

…étoilée sur le Rhône

Tumbleweed,
Buisson sans racines
Qui roule sa bosse
Il le choppe aux bolas,
Vincent,
Son appaloosa,
Sa boule de cristal,
Rhombe
Qu’il fait tournoyer
Et scinde,
Multiples
Foyers du hanabi
Qui ensemencent le ciel
Comme du petit caillé,
Les relie,
Couverture or
Et lazuli
Au cahier à spirales
De La nuit…

Da capo