ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2025

Le vieux cimetière

D’où que tu sois,
Il dépasse les toits,
Ses sommets
De printemps
Enneigés
De tourterelles,
Bandelettes
Des linceuls
Déroulés
À ses pieds,
Le haut châtaigner,
Berger des stèles
Calmes
Ombre discrète
Dans l’ombre des fleurs
Lupins en chandelle,
L’ami des abeilles
Visite leurs demeures
Qui bourdonnent
Celles sous~stellaires
Des habitants du lieu,
Bouche fermée,
De l’ison
Du passé

Site sous vidéo~surveillance

Souple,
La houle,
Les herbes hautes
À la sève verte
Vaguent
Entre les stèles
Vives
Le vent les soulève
Quadrille de coryphées
Agité sur la scène
Primesautiers,
Rieurs,
Les tombes,
Le rouge aux joues
Effleurées,
Rémission d’un jour,
Se retire des corps
La fièvre de l’oubli,
Les noms érodés

De la stalactite

Elles
Se détachent
Du toit,
Gouttes,
Par poquet
De trois,
Les graines
D’eau
Glissent,
L’air,
À la verticale,
Leur corde
Lisse,
Ligne de vie
Les mène
En terre,
Se coucher
Contre
Un bulbe
De lys,
Donner le sein
À la blancheur,
Aux prémices
De l’encens
Encore enfant,
Ivresse des autels,
Des jardins de juin,
Encore
Hôtes
Du printemps

Le printemps sur le feu

L’Arionola

Arbre
Liquide
Du printemps,
L’étang.
Le tronc,
En font le tour
Les saules immobiles
Qui le peignent,
Verdeur souple des branches
Penchées,
Se dilue,
Le promeneur,
Qui ajoute un pied de cerne
Sous l’aubier,
À chaque pas.
Microsillon sans parole,
Le pavillon de la pièce d’eau
Flotte sous les roseaux,
Petit matin
Les foulques
Dorment,
Moïse du clapotis,
Buccin
En sourdine

Lumières