Soleil, bain de friture

Je ne sais où j’ai perdu un ami
Je ne suis pas peintre de marines semper fi
Du serpolet, du sainfoin
Quatre paires d’escarpins,
Une nappe de dentelle,
Sur un fil, un groupe de lucioles en lampion
L’araignée reçoit à dîner
Son ami le lapin
Il ne reste
À la belle étoile,
Que le sable strié,
L’arène,
Rendue à la nuit
L’empreinte des chars
En vaguelettes serrées,
La clameur,
De fine poussière,
Une fin de pluie, quelques inaudibles gouttes
A fini de tomber,
L’attelage
Libre de mors,
Le lion est à l’imitation du cheval,
Il n’y a pas de raison,
Le cheval dort droit dans ses bottes,
Le lion ne piaffe pas,
Zodiaque à l’appariement,
Sort des souterrains,
Ses empreintes de pattes,
En forme de marguerite,
Lunule des sabots
Sur le sol ratissé,
Une constellation monochrome,
Beige désordonné
Comme si le ciel avait apposé
Sur l’ovale du cirque,
Morsure sur le papier,
Le relief
De son ex~libris,
Aussitôt effacé,
Comme ces tapis de sciure colorée
Foulés
Lors des Fêtes~Dieu,
Qui retournent
À leur nature
Tu répares
De façon à ce que le trou se reforme
Exactement à côté du trou initial,
Pêcheur au filet
Dans le sillage du renard des neiges, le rêve
Par les ouïes du clocher, la bourrasque
Le carillon soulève un nuage vif~argent
Raclement de gorge, plumes à fonds perdu,
Le banc de tourterelles
Crécelle un peu,
Et roucoulement,
Le jour prend la relève
L’herbe s’évertue halète, rare
Les chats en chalut ratissent les zones d’ombre,
Pêcheurs de perles, la rosée qui endiamantine
Les pelisses quand la nuit tire le rideau
Se paie au prix de la sueur,
Les langues roses, pâteuses,
Rêches sur les museaux,
Sèches roses de Jéricho