Le baiser

Neige de papier
Met des siècles
À tomber
Les flocons paillettent
L’intérieur
Des boules de verre
La tour Eiffel
À un cheveu
Passe liseron
La maille
De son plafond,
La Liberté
Éclairant
Le monde,
La guerre est finie,
Sur les champs de bataille,
La mort
Est la dernière
À l’agonie,
Des hauts de l’avenue,
Tesselles et serpentins
Puzzlent l’air,
Sauvés du pilon de l’oubli,
Les annuaires du monde
En corne d’abondance,
Coule le miel en liesse
Les grappes de noms tressés,
La ronde désunie
S’arrondit comme un ventre
La concorde,
Les tesselles, les confettis
Banc de papillons noirs
Et blancs
En fourrure d’hermine d’été
Suspendus
Sur les têtes
Qui volètent
Et ne se posent,
Le sceau d’un baiser
D’un inconnu
À une inconnue,
Pour toujours
Dans le brasier
De la rue,
À chaque coin,
La joie
En est le bois