Les Barricades Mystérieuses
La fleur, au fusil
Chair à canon, Pachelbel
L’ogive, et le vitrail
Arc~et~Senans
Char, René
Pistolets beurrés, petit déjeuner
Mozartkugel, avec le café
Laisser se jointer, le rêve, la réalité
Comme le fait le peintre de deux lés de papier
La suture humide se fond dans le motif
D’un nuage né de la bosse de l’ingrain
Sans forcer
Il fait son nid
Le lierre d’une ombre court
Sur sa margelle,
Confiée par le soleil,
Que l’image d’un oiselet
De passage,
Retenu par la tresse
Du feuillage
Sur la plinthe
Ne tombe,
Une voix
Sur le départ
Des hauts de l’étage,
Celle de Jeeves~père,
Je te laisse le lit au carré.
Comme à l’armée,
Coulant de source.
Tu penses au poète
Malmené.
Mais en son for intérieur,
Sans longe, libre montreur d’ours,
Leur danse,
Chahuteur, comme dés en gobelet, de ses songes
En l’atelier de la forge
L’orfèvre
Neige de papier
Met des siècles
À tomber
Les flocons paillettent
L’intérieur
Des boules de verre
La tour Eiffel
À un cheveu
Passe liseron
La maille
De son plafond,
La Liberté
Éclairant
Le monde,
La guerre est finie,
Sur les champs de bataille,
La mort
Est la dernière
À l’agonie,
Des hauts de l’avenue,
Tesselles et serpentins
Puzzlent l’air,
Sauvés du pilon de l’oubli,
Les annuaires du monde
En corne d’abondance,
Coule le miel en liesse
Les grappes de noms tressés,
La ronde désunie
S’arrondit comme un ventre
La concorde,
Les tesselles, les confettis
Banc de papillons noirs
Et blancs
En fourrure d’hermine d’été
Suspendus
Sur les têtes
Qui volètent
Et ne se posent,
Le sceau d’un baiser
D’un inconnu
À une inconnue,
Pour toujours
Dans le brasier
De la rue,
À chaque coin,
La joie
En est le bois