ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2025

La gangue, la langue

Chez les chats, hiérarchie
Il y a les petits rats
Porteurs d’eau
Coupeurs de citron
Qui épouillent les étoiles,
Maigre repas,
Font les photocopies,
Le balai sur la sciure,
Les unes,
Tablettes de chocolat,
Les autres,
Les côtes en corset
Sur l’estomac,
L’apprentissage
Délivre de l’impatience,
Du miroir insolent,
Glacier qui avance,
Un proverbe,
Vous avez la montre,
Nous avons le temps,
De la table rase,
À la page blanche,
Couleur
De la rognure de taille~crayon,
Le cercle de tulle
Qui leur ceindra
Les reins,
Le moment venu

Le têtard sort de chez lui

Les serres, Kitège

Apnée

Remonter
Jusqu’à
La baleine
De mon arbre généalogique
Vivre comme elle
De l’air
Du temps

La chamade

Voiler la face du malheur
De blanc d’Espagne,
Salar son linceul
Corrode les saillants,
Ne plus emprunter
Les canaux
De l’information
Qui charrient
Leurs sargasses de sang
Limiter le monde,
Son accès en chas
D’aiguille,
Que ne s’y insinue
Qu’avec peine,
Les fragments
Du fracas
L’haleine
De la poudre
Les bûchers
Et les hommes,
L’inépuisable ressource
Chair du combustible.
Passe,
Rose,
Par le trou de l’aiguille,
Avec ton bagage,
Épines rétractiles,
Ivresse des profondeurs,
Ton odeur,
Oreille absolue
De l’accordeur
Qui règle la table d’harmonie
Quand on touche
À la corde sensible
Du coeur,
Sur le pas de la porte,
La clientèle,
Les grincements
Au blanc d’Espagne,
Tout l’acéré.

Kitège au parapet

Blanc d’Espagne, midi

Graines de carvi sur l’ivoire du fromage
Frais
En pattes d’oiseau,
Traces de pas dans la neige,
Les tailleurs de pierre, à l’ombre
Écrasante, Carrare
Le talc plaque
Son suaire sur les figures,
Pierrots Lunaires,
Théâtre 
Kabuki
Les carriers ouvrent la glacière
Korrigan, l’origan
Installe un coin de pinède
Sur le tapis de craie,
La mie de pain
Dans l’huile
Dore,
La sieste
Près des scies poudrées
Et l’eau fraîche qui ruisselle
Sur le métal chaud,
En liniment

Caravansérail

Miroitante
Et blanc d’Espagne
Par endroit,
Damier mat
Et transparent,
Évents relevés
Fumant,
Irisant l’air matinal,
Hammam
Où,
Soulevés
Les voiles
De la nébulisation,
Des pans verts,
Approximations,
Bribes végétales
Fantomatiques,
Remontent
À la surface
De cet immatériel
Coton,
Et replongent,
Sous ses baies,
La serre.
Plein soleil,
Le hérisson
D’un cierge
Aride,
Vélum
Sur le papillon
Des orchidées,
Près de la petite
Cascade
En circuit fermé
Un arpent de forêts,
La cousinade,
Arbre du voyageur des confins,
Et fougère d’ici,
Passé
L’autre côté
De la frontière

Le soleil la lune