ce que vos yeux vairons

Mois : août, 2025

Chardon butiné

Dans le café qui avait fait florès

Au pied de la colline de charbon,

Diabolo~menthe, le kiosque à musique

Poussiéreuses rue, Metz, de l’oeuf de Jaumont

Ne reste que le blanc chauffé à blanc, août

En Forêt Noire, les croisillons du soleil,

Volète la Chambre d’Ambre,

Tabacs d’Espagne dans les sous~bois

Longue lettre de Jeeves à l’Absent,

Sans un mot de trop, et l’ailleurs espéré 

Jardin d’ornement

S’y sont établis l’encensoir des cèdres

Jaune de Naples, azulejo les mésanges 

La vérité de l’endroit

Le sceau de la Beauté sur tous ses éléments,

Grain de poussière 

Cerf blanc,

Caillou plus bas que terre

Escarboucle,

Le buisson de roses,

Leurs épines en espalier

Qu’empruntent

Sans y laisser leur peau,

Les cherche~midi

 

 

La mer, la lune

Un autre regard

Démantelé jusqu’à sa dernière pièce 

Le puzzle,

L’image n’a plus de sens

Le carton à l’emporte~pièce en tas,

Tesselles dentelées ostracas

Perles éparses du collier à réenfiler

Un nœud infime, une nacre,

Pour la solidité,

Ainsi la phrase broyée en sa boule

De papier,

Sa fibre confondue dans le linceul

Blanc,

Salar épair qui dissout toute matière 

Mais renaissance,

Quand la main qui lisse le chaos des plis

À nouveau y laisse entrer la lumière 

Kintsugi,

À la vie,

Ro/se de Jé-r/i)cho

 

Oiseau~orage

Les cloisons

Années arides,

La vigne est muette,

Les grappes pendent sur des cintres,

Fermées, les armoires

Sont humide caveau,

Hermétiques,

Une verte vie, qui cavernicole y croît

Est la seule,

Dehors est sec,

Hinein, Schimmel,

Ouvertes, de simples ouïes

Fendant le bois des portes,

Et de l’air,

En natron,

Sa circulation sur le raisin

Qui se concentre,

Le front fripe,

Corps de sucre du fruit,

Qui nourrit,

Le carat d’un grain suffit,

L’influx

Les liaisons

Frère portier,

Son meuble,

De nuage

Poussé par le vent,

Le seuil, l’océan,

Ne le frôle

Le passage des oiseaux,

Dans sa paume,

Rien,

Pièce fraîche de guano

Le soleil la cuit,

Et poudre d’argent

À ses pieds

Sur la fleur des champs

Manne,

Sa reconnaissance à l’épouvantail,

S’épanouit

Moaï

Babelsberg

La disparition

Elle emporte le vase.

En pure perte

Flétri, il se corrompt,

Révèle l’eau en son épure, transparence

Sans l’ombre d’un contour,

La trahison d’un reflet,

Mais ne se répand,

Rien ne la distingue de l’air

On ne la voit plus,

On la sent, comme une pluie

À venir,

Inexprimable nuage,

Amande détachée

Du fruit