ce que vos yeux vairons

Catégorie: 1944

Dans les andains

Où sont les réponses,
Point d’interrogation dans
Mon poing. Une faucille

La Petit Chose

Was du warst, ein Stück,
Och, Gott, wo knien, Rosa
War Dein Meisterwerk

Unter deinen weissen Sternen

La photo est une photo comme il y en a tant, petit portrait en pied, Rosa, un pied sur l’autre, qui fait la cigogne, papier dentelé, il manque quelques dents, au sourire de Rosa aussi, comme à ces vieux peignes de corne du passé, un visage, et son hésitation, sérieux, et joyeux, mêmement, Rosa pose, et puis oublie, le passé a quatre, cinq ans, peut-être, je ne sais pas, au dos, la date au crayon.
À demi effacée.
Je lisse du doigt le ruban qui ceint sa tête, ailes froissées d’un petit papillon de soie.

Chien à la crête

Jpeg

Licht, grau

Jpeg

Le gardien

C’est un rectangle, en pente douce, peut-être la seule chose douce ici, le très vieux cimetière, avec de très vieux morts, la mousse remplit les noms en creux sur les stèles, et le grès fond, peu à peu, les tombes tombent, dessous la terre, les morts se recroquevillent, jusqu’à ne plus laisser trace d’eux, et le terrain s’affaisse, les pierres se couchent, l’été, une paillasse d’herbes hautes, l’hiver, dur, un châlit, la terre brune.
Et les pierres redeviennent cailloux, chapelure des os, tous les morts, depuis longtemps, ont poussé entre les branches du très grand arbre qui vit ici.
Une vigie, un phare de bois, lanterne ultime, un grand chandelier, dont blanche, chaque fleur au printemps est une goutte de cire prête à s’enflammer.

La démarcation

Jpeg

Mitte

Un fond vert bouteille, où se reflètent les sapins, aux pieds des sapins, rien, le thalweg, puis la plaine, immense, des tours de grès, chiens de faïence, des deux côtés de la plaie, la même enfance, pousser l’escarpolette, rocking on the schaukelchaise.

Les premiers jours de juin

Je regarde des photos, il n’y a rien d’autre à faire.
Noirs et blancs, mon regard, l’histoire.
Il y a la pudeur de la distance, de l’autrefois, on parle à ces visages à voix basse, et on espère, qu’une joue rosisse, que la brise soulève une mèche, on frotte, les lèvres ne bougent pas, si la photo était en couleur, il y aurait encore un peu de chair.

Dupliquer

HansPeterRosaetAaron.
Jevousnoueparleprénom.
Je vous bottelle, vous mon fagot.
Pour ne pas que vous vous perdiez.
Vous, l’histoire, mon histoire, j’aurais pu vous inventer.
Vous êtes hier, et aujourd’hui, histoires de rien, sur les mers, d’autres saccages, d’autres fers, frères galériens, la mer.