ce que vos yeux vairons

Catégorie: 1944

Soldat de première classe

Il est de tous ses
Combats. Ses guerres menées de
Luttes en trêves. Sa paix.

De quelle race

Suis-je ?

De celle qui ploie

Le genou devant

Un oriflamme

Et son sang,

De celle

Qui courbe

La nuque

Devant le croc

D’un boucher,

De celle

Qui couche

Sa tête

Sous le soc

D’une lame.

Samson

Suis né,

De la race

D’un géant ?

Je n’ai rien usé,

Ni mon courage,

Ni ma foi.

Je ne sais rien.

Je ne suis pas

Né d’hier.

Naître

Aujourd’hui

Et se demander

Qui du lâche

Ou du courage

L’aurait

Emporté.

 

 

Au coin du feu

Hedda et Satan.

Elle lui parlait allemand.

La langue des enfers.

Du paradis,

De la poésie

Des blessures,

Une langue

De combat.

 

Marcelle

S’adossant au vent et à la rouille qui moisit les garde-fous de la jetée, il attend. Il dresse l’autel de ses offrandes, du pain pour elle, pour lui, du vin. De l’autre côté de la rue, j’attends avec lui. Elles sont nombreuses à croiser sur le front de mer. Seule une pourtant posera sous ses doigts la soie de sa tête. Sa bonne amie. Sa mouette.