ce que vos yeux vairons

Catégorie: Admiration

ô, voyez, voyez, « Le portrait de Jennie »

Fire works

L’un, à l’os hyoïde, l’autre à la flûte à un trou, la mère de tous les chants, sa monodie, l’ison, guttural, et du fémur taillé de l’animal, un grondement, sous l’abri, un répons, lueurs ocres du levant, le feu vibre, sur la roche, une chasse, robe brune de l’auroch, les muscles ondoient, la mélopée s’orne, syncope, fil de trame, fil de chaîne, la pierre, irriguée, s’incarne, une flèche, un cri, la paroi se déchire sur le brame de l’animal à l’agonie.
La terre gronde.
Les hommes halètent leur saga.
J’entre à la schola.

Sham-rock

Je soulève
Le capot,
Une boîte aux lettres,
Alfa Romeo,
Indicatif Juliet
Charly,
Poet-poet.

« Tout l’univers »

Darder le soleil, le temps de faire naître sous les paupières son négatif, un astre noir, qui papillonne, et se duplique, jusqu’à ce que la brûlure cesse, légère.
Je voudrais voir plus que le soleil, un au-delà de nébuleuses, de voiles, de gaze, gemmologie colorée d’amas globulaires.
Cosmogonie autour de ma chambre, quartz éphémère d’un feu d’artifice.
Du bout des doigts, « La lecture des pierres », de Roger Caillois.

Nuage d’encre, la seiche et le Nautilus

Jpeg

« Que voyez-vous, Carter ? »

L’étang, ce matin, un Turner de brumes, étincelant, d’or, le soleil, et l’argent, le soleil s’assombrissant, une merveille, je retiens mon souffle, le plus longtemps possible, mon apnée. Je voudrais que rien ne bouge, et mes poumons brûlent. L’enchantement prend fin, l’expiration de mon pari fou.
Je reviendrai.
Demain.
Bientôt.

E.D.

L’envie de lire m’est
Revenue, ouvrant les ailes
D’un papillon blanc.

Jul

Et je me demande.
Y aura-t-il pour Noël, à Lønstrup, cette année encore, des cailles en sarcophage.
Il y aura, la mer, c’est sûr.
Enflée.
De l’eau qui montre les dents et gronde.
Et sur les dunes, que le sel, et la rage des vagues usent, le vent, et l’odeur des harengs.

« Octonaires de la vanité du monde »

Vous emmener là-haut.
A l’écart, courir les bois.
Là où la forêt porte son nom sur le front.
Des frondaisons, comme un brassard de deuil.
Le retrait.
Il a neigé d’abondance, mais tout ce blanc cèdera.
Il y aura la voix du torrent, pour tout chant d’oiseau.

Paralysie

La bibliothèque.
Ses travées, enfilades de rayonnages, d’un savoir sage, bien rangé, des volumes que je ne profane plus, une page cornée, un feuillet arraché, des livres-balises, comme autant de jalons, qui ne retiennent plus mon attention, le coeur ne s’emballe plus, la chamade a cessé.
Alors s’éloigner, trouver le passage vers autre chose, « Soumets-moi à la tentation ».
Comment est-ce, là-bas, l’enfer est-il juste l’envers du paradis.
Quiétude et inquiétude, le calme et son revers, Jean-qui-rit, Jean-qui pleure, Jean-qui-s’ennuie, et Jean-qui-lit.
Est-ce une soupente obscure, un rat court sur des grimoires, des codex, des rouleaux, ici, un crâne, un manuscrit mystérieux, à la recherche du Voynich perdu, est-ce cela, de la poussière, un squelette de carabin qui agite ses osselets, comme dans un train fantôme.
Ou l’enfer est-il aussi clair que le paradis, je suis le diable, et me censure, tous ces livres dont je m’interdis la lecture, la crainte de ne pas être à la hauteur, la peur du ravissement.
De ne jamais en revenir.