ce que vos yeux vairons

Catégorie: air doux

Compagnons

En l’oasis, le partage de l’eau, et le pain pousse, vue d’en haut, une coronarographie, l’eau, en vaisseaux, jusque sous les moindres radicelles, dans les parcelles, entre les pieds des arbres, réglés, les bouillons frais d’un ballet, et entre les falaises de grès veiné, la vie, sur le ciel, le vol d’un ibis, un motif, noué, furtif, sur la lisse verte d’un tapis, volutes des palmes.

Espace-temps

Toute la matinée.
Le clocher qui sonne ses quarts d’heure, ses demies, et tout le reste du temps, tout ce temps, celui qu’a mis le papillon, pour passer de la fenêtre du salon, à la porte-fenêtre, j’entends un petit choc, plus doux que celui d’une mouche, je le vois qui volète dans la grande clarté, et j’ouvre, trois mètres, entre les deux ouvertures, toute la matinée.

Inkkirsch

Jpeg

Désincarnée

Sortant de l’ombre, comme du dessous d’une robe longue, un pied, l’émail de son ongle, pas plus loin que le croissant de la lunule, et la tête, dans le crépuscule, un pin parasol.

Déplisser, le soleil

Jpeg

Levure chimique

L’ison, filé comme une pâte de verre que l’on étire, variation de la lumière, une altération, oh, à peine, quelque chose qui vient s’appuyer, plexus solaire, et la note change, un nuage, le diaphragme qui n’en puit mais, le souffle se tuile, bouche à bouche, et renaît.

Fata Morgana

Le banc est très long, sous le vitrail, aucun coussin, qui empêche de glisser, d’un bout à l’autre de la rangée, je suis le soleil qui cascatelle, ma tête, dans l’ombre bleue du manteau d’une sainte, et sur mes mains, des points rouges, qui oscillent dans la poussière, un nuage, et la cible disparaît, je change de banc, les jaunes, de la lumière qui ondule, la vieille dame devant moi a blondi.

« Gaspard de la Nuit »

Le billot, albédo zéro, est noir.
Sans reflet, une nuit, une chambre, volets fermés.
Un noir, dont ne revient pas la lumière, le visage d’un mineur, qui dort, le blanc des yeux, tournés vers l’intérieur.

Souriez

Dans la cour, sous la treille aux raisins acides, un baquet en zinc, qui chauffe tout l’après-midi, un fond marin de fer blanc, où miroite le soleil, et des ombres de feuille de vigne, le corail noir d’une ou deux mouches, ma grand-mère ne va pas tarder à arriver, pour nous mettre à l’eau, mon frère et moi, dans le baquet étroit, j’entends son pas, je ne la vois pas, sur la photo aux bords dentelés, elle doit avoir été happée là, dans ce no man’s land en noir et blanc, sous ma langue, une boule verte, acide comme de la rhubarbe, que le temps n’a pas adoucie, je fais la grimace.

Premier lé

Je m’assois au bord.
J’attends.
A ma droite, entrant dans le cadre de l’étang, un pinceau, un grèbe huppé, son zigzagzao.