ce que vos yeux vairons

Catégorie: air doux

« Parallaxe », dans le cahier de poésie

Un été, Hans a écrit.
De rose à Rose.
Pour l’éternité.

Puis il a collé l’image.
Le frais de ses couleurs.
Dans un coin, le soleil.
Du miel, sur les joues de velours d’une fleur.

Jpeg

Jpeg

Les racines du jardin

Les oiseaux sous l’eau ici sont des poissons, leur chant silencieux souvent, le brame doux des baleines, il y a là des clowns bariolés, des papillons argentés qui perdent parfois une écaille, comme on laisse tomber un mouchoir, aux pieds orangés d’un buisson de corail, une méduse laiteuse lisse sa chevelure, un narval de son rostre défait un à un les noeuds de soie de l’ondine, le jour se lève, et le soleil plonge ses rais frais sur les prés aux algues où vont chanter les moineaux. Une à une, les petites notes, incluses dans des bulles d’eau, crèvent doucement. Entre mes doigts, leurs fétus. J’apprends à chanter.

N’est-ce pas

Il a plu, cette nuit, et je n’ai rien entendu, le bitume a brillé, sûrement, dans le petit cône de lumière du réverbère, il est tard, je n’ai rien vu, mais il est encore temps, n’est-ce pas, sur la platine, le premier grincement, comme une plume qui grifferait une feuille de papier, le café coule, une cigarette, le café coule, la musique de Philippe Sarde.

Aujourd’hui

Te fêter, ceux qui restent le feront, ta famille s’écoule lentement, les buis ont poussé, se sont poussés pour tes parents, nous les taillons, Agnès, et je sens l’odeur amère de janvier.

Encore

Sur l’ingrain grumeleux et blanc du papier peint du salon, quelque chose de sautillant. Le néon scintillant d’un rayon lumineux, le soleil et son dessin au crayon dansant, le temps de l’écrire, un nuage passe. Et tout s’efface.

Un début

Ce matin, quelque chose a verdi.
Troublant, incongru, j’ai entendu le roucoulement gris perle de la petite tourterelle.
Elle est revenue, et son bec, sur la glace de l’hiver, qui craque.

La pierre, Nemo

L’orgue des bords de mer
De Zadar, partition du
Vent et du hasard.

Zurück

Son gris-souris dissout, sur le coteau s’assombrissant, le jour se confie à la nuit. Tout est paisible. Des lumignons, accrochés aux maisons, pavent la vallée d’une bruine de petits points scintillants. Dans l’une, il y aura, posés, sur la table, comme sur un autel, du vin de noix, des gâteaux à la cannelle. Une empreinte familière, une odeur, presque maternelle. Gemütlichkeit

Il est un toit

Dans le chalut de
L’arbre, un petit poisson,
Dedans sa maison.

Jpeg

Jpeg

Clair-obscur

Vous avez été.
Un corps, avec un homme dedans.
Des bras, des jambes, une tête qui sourit.
Sur la photo, rien ne bouge, il y fait toujours beau, rien ne change, vos vingt ans en bras de chemise, c’est encore le printemps.
Je cherche une autre photo.
Il n’y a pas d’autre photo.
L’histoire s’arrête là.
La petite danseuse de la boîte à musique s’arrête lentement de tourner, quelqu’un ferme le couvercle de la boite, comme on scelle un cercueil.
La photo se voile, un nuage devant le soleil, et vous demeurez à l’ombre.
Rien ne vous brûlera.