ce que vos yeux vairons

Catégorie: air doux

« Octonaires de la vanité du monde »

Vous emmener là-haut.
A l’écart, courir les bois.
Là où la forêt porte son nom sur le front.
Des frondaisons, comme un brassard de deuil.
Le retrait.
Il a neigé d’abondance, mais tout ce blanc cèdera.
Il y aura la voix du torrent, pour tout chant d’oiseau.

Café crème

La neige, sa gomme, et blancs, les bruits, la neige est une nonne qui bat le bitume, son voile pâle de novice noirci dans le ruisseau.

« Vous faites des photos ? »

La voix a surgi, là, d’outre-bosquet, d’un fatras de ronces, d’arbrisseaux malingres, quelque chose d’incongru.
Qui pouvait vivre dans ces décombres de forêt, j’ai eu peur, un chemineau, une ombre de cauchemar.
La voix a dit « Venez ! »
« Venez voir ! »
La peur encore.
Alors il s’est avancé.
Un vieux bonhomme.
Un peu courbé, un peu sale, très content.
« Je viens nourrir mes abeilles, vous voulez faire une photo ? »
Outre-peur.
Juste un vieux monsieur, un peu courbé, un peu sale, il a travaillé.
Et qui a partagé.
Et j’ai honte.
C’était un vieux monsieur.
J’ai eu peur d’un apiculteur.

Jpeg

« I had a farm in Africa »

Jpeg

Jpeg

 

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Earl Grey

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Drei Vögel

Hans, Peter et Rosa, mon fagot, ma botte, mes trois fleurs, séchées, que dit-on de ces fleurs-là, qu’elles sont peut-être mortes, à l’abri de mon herbier.

Hans, Brooklyn, 1938

Leçon d’écriture

Une portée, des lignes bleues, le vieux cahier, les premiers mots, ceux d’il y a très longtemps, il y a prescription, je peux dire maintenant autrefois; a, des a, toute une famille de ronds maladroits, et la main de Maman, douce sur mon poignet qui apprenait, qui ne savait pas.

Sunset

Es ist ein Ros’ entsprungen

Avec le soir finissant, les frissons, les volets qui se ferment aux fenêtres des maisons, la lune attend, couchée en son moïse de roseaux sur les bords de l’étang, du maquis des noirs et des gris, la naissance de la nuit.