A tue et à toi
Entendez la voix,
Filant tresses amères et
Colère de ses trilles.
Entendez la voix,
Filant tresses amères et
Colère de ses trilles.
L’archet, une cuillère
Qui râcle son crincrin de
Faïence, bol de soupe.
Une odeur dans la
Maison, le melon essaime.
La guêpe, Pont du Gard.
Dans la forêt, le
Coucou, son goutte à goutte,
Pulsation lente d’un
Sur sa tête, la nuit,
Sous ses frondaisons, un jour,
Couleur de lampions.
Suspendus, sous la
Voûte, cathédrale Saint-Etienne,
Falaise d’Amorgos.
L’été, le pays des élytres, les ailes-vitrail des cigales, leur hymne stridulé au sommet d’une hampe, le mât d’un olivier.
Je souffle sur le
Carillon, pas de vent, nur
Ein kleines Ding, Ding.
Près de Monpazier, où sont les lourdes arches de sa place carrée, il faut s’enfoncer. Un chemin agricole, qui bringuebale; on aperçoit parfois le ciel entre les fûts des arbres; quand la mousse serrée des feuilles s’écarte, un coup de gouache pastel, et l’air et la lumière se chargent, brassin des bleus, des gris ardoise, du vert-poussière qui tombe des branches, sous leurs encorbellements, les carreaux glauque d’un bassin vidé de son eau. Rouler, on ferait presque la planche, les mains croisées sous la tête, si la mer couchait ici sous nos roues, le turquoise des vagues de ses frondaisons.
La mémoire, sa menthe fraîche. Un Mentos qui craque sous la dent, pour avoir bonne haleine. Descendre au jardin, remonter les allées, les mains traînant leur chalut sur les plantes. Là, le buisson de menthe, son odeur de chewing-gum froissé. Remonter encore, remonter les années, la pente de la petite colline, la Drôme d’il y a loin maintenant, celle des premiers étois, Deek adossé à mon souvenir, à l’ombre du tronc d’un grand arbre, assis là, en ce milieu de juillet, peut-être à m’attendre, lui et sa pagaille de cheveux blonds, la menthe glaciale de son regard, le ciel ouvrait les yeux, et je me tenais là devant lui, pour la première fois.