ce que vos yeux vairons

Catégorie: air doux

Décollage au treuil

Fonck

Les cirrus,
Mantille
De Gaza
Délicats,
Que fend
De ses zébrures
Le quadrille
D’un Morane
Et d’une Luciole
En son vertige.

Deux ans et cinq semaines

Ballon, Robinson,
Voguer, voler sur les eaux
D’un ciel calme et bleu.

L’aérostier

Marée montante
Du soleil, merveille de son
Eau. Vol paisible.

« Oh les beaux jours »

Jean sans terre, l’hiver

Errant, son or blanc fondu

Comme neige au soleil.

Col relevé

Ce soir, les murs frais de la nuit, qui me sont plus légers que la touffeur du salon. J’aspire son doux noir, la tête dans les nuages, laine grise qui dérive devant la lune.

L’air du temps

Soleil en poitrail,

Dos bleu de vitrail,

Une petite mésange,

Haubanée aux couleurs

Du printemps,

Boule ébouriffée

De Noël accrochant

Son chant aux ramures

Etonnées et nues

Du pommier en sommeil.

Fort et clair

Hédda à la pesée.

« Qu’avez-vous fait de tout ce temps ? »

« Des trous dans le papier, jusqu’à vous gommer. Mais j’ai gardé les rognures »

« Votre incapacité à vous séparer » Sa voix souriait.

« Et vous ? »

« J’ai repeint les murs »

« Souvent ? »

« Dix sept fois »

Ils furent deux à sourire pour la première fois.

Le ciel cette nuit là se mit à son plus beau noir.