« Il faut mourir, afin de vivre »
Il faut mourir de
Son vivant, pour vivre
J’écoute le chant,
Pour la première fois,
Les larmes de quoi,
L’absoute, et l’encens
Il faut mourir de
Son vivant, pour vivre
J’écoute le chant,
Pour la première fois,
Les larmes de quoi,
L’absoute, et l’encens
Ils étaient Bernard
Ernest, Gabriel. Nul ne
L’épelait ainsi
Chant choral, 30/04/2021
La nuit, sur la forêt. Au désert de l’arbre,
L’oiseau anachorète, cantor d’une église endormie,
La branche où il officie est une scène vide,
Son chant s’égrène, grains noirs d’un chapelet de buis
O solitude
La maison est traversée, Sébastien, Sebastienne.
Aiguilles, le soleil, et le soir, mikados d’argent, on est si près de la lune, un rai de musique en sourdine, un point d’acupuncture, l’oreille, en sommeil.
Haut, sous le pignon, un cône, de loin, on dirait une nasse d’osier, nid d’hirondelle, qui pousse, jour après jour, et la lave noire des oiseaux qui tressent, et criaillent, le mur blanc est falaise, Amorgos a ses moniales.
Quand parfois le vent la cintre jusque sur l’eau, la branche du saule grave sur la cire de sa surface quelque chose, le début d’un frisson.
Être berger, suivre avril, ses saisons, son moutonnement, dans les champs qui osent, pays d’Oz, les verts et leur explosion, et le ciel qui fond son azur sur l’étang.
Le vent, les oiseaux,
Le vent les oiseaux tissu
De leurs voix. Si j’ose.
Prendre le sentier. S’essuyer les pieds avant d’entrer.La forêt est une maison, on pourrait presque se déchausser. Les fougères sont froides, elles se sont éteintes avec la fin de l’été. Le matin, maintenant, elles crissent d’un gel léger, un vieux cuir desséché.
Les oiseaux sont là, mais on ne les entend plus.
« Mai ist vorbei, kein mood mehr for love fur den Vogel, Schaukelchaise ».
Siggi avait raison.
Le seul qui me parlait encore ici, c’était le torrent.
Sa voix de basse.
Tessiture de rocaille.