Kitège
La ville, sous les flots
Roi mérou et reine murène,
En leur palazzo
Brume de cent ans sur
Le loch, rôde l’amour, le
Jour, sur Brigadoon
La ville, sous les flots
Roi mérou et reine murène,
En leur palazzo
Brume de cent ans sur
Le loch, rôde l’amour, le
Jour, sur Brigadoon
Sur une bouée à
Balancier, corne de brume,
Je me suis posée
Sitôt que la mer
Ne fait plus de vagues, sous mes
Pieds s’élève un cairn
Marée montante
Des fleurs sur les pierres, laisse
De mer, chrysanthèmes
Pontonnier de l’envers, je démonte les piles,
J’empile les traverses sur la berge, le torrent retrouve
Ses marques, cavale débarrassée de sa selle,
Le monde est passé, les eaux se referment, et les herbes
Effacent, sous-marines, de leurs racines vertes,
Le caisson de pierres immergées des antiques fondations
Dieu n’a pas d’église, ou plutôt.
Mille et cent, autant que le nombre de ses enfants,
À côté de la tombe d’Elise, l’étrange syncrétisme,
Les morts se métissent,
Une borne de grès, couchée, car le chemin s’est arrêté là, et une croix de bronze, couchée sur la borne de grès,
Et les noms, alignés, à gauche de la croix.
Entre les lettres, un chapelet de petites pierres blanches.
Quelqu’un est venu là, souvent.
Un autre rivage.
La même mer, en partage.