« Hungry heart »
La vieille diseuse de
Bonne aventure, qui ne lit
Plus qu’à reculons,
Dans les lignes
De la main.
Elle a perdu,
La mémoire
Du futur
La vieille diseuse de
Bonne aventure, qui ne lit
Plus qu’à reculons,
Dans les lignes
De la main.
Elle a perdu,
La mémoire
Du futur
À l’horizontal
De la glace, un arbre pousse
Et se ramifie
À toute vitesse
Translucides varices qui
Craquent. Tu tombes. Réveil
Dans une barquette,
Amazonie. Abattue
Par quelque tempête
Enchevêtrement
De feuilles de mâche, soulever
Un bouquet, trembler
De trouver une plume,
Oiseau de paradis, os
D’homme, dans les brûlis
La neige, traversée
De perce-neige. Tribut d’une
Martyre à l’hiver
Il écume, noir, dans
La brume, qu’avale le rêve
Frison silencieux
Hänsel und Gretel
Derrière eux, le pain
Perdu, que picorent des
Oiseaux de malheur
Le ciel jette un oeil,
Vasistas, blau, und grau, blonde
On blonde, lacht Murnau

Enfant, je faisais ce rêve éveillé.
Le monde était vide, il n’y avait rien de vivant, je ne dis pas « plus rien », point d’apocalypse, point de morts, les parents n’étaient pas morts, juste absents, la jouissance absolue, je passais de boulangerie en boulangerie, de bocaux de bonbons en bocaux de bonbons, tout était pour moi.
Rien n’était à moi, dans ce rêve transparent, et puis quoi.
Les bonbons se paient au poids de la solitude, je le sais, maintenant.
Et je me goberge encore, être seul, ce sucre, jusqu’à l’hyperglycémie, et son ivresse.
Le jeûne, je vous écris.