ce que vos yeux vairons

Catégorie: après

Arturo Bandini

Je me lève, m’assois
Au bord du lit, me dis, quel
Serai-je. Aujourd’hui.

Metardujour, premier septembre

Brouillard épais, l’étang y est sûrement pour quelque chose, mais il se lèvera.
Et je me sens limpide.

Le dais

Je ne pourrais trouver de meilleur bout du monde que là bas. La forêt est vide, ne la traversent que les lances transparentes des rais de lumière, et le bruit du torrent. Et la glace bleue du ciel, à peine rayée par l’épine de l’aile d’un oiseau.

Jpeg

Jpeg

Le timbre faisant foi

Les visages, je ne fais pas d’effort, il y a les photos, des films, parfois. Mais les voix, que j’use jusqu’à la corde, que je tords dans tous les sens, pour qu’elles crient et se donnent à entendre encore une fois.

Wounded knee

Mémoire de forme de

La blessure, elle ne tarit

Pas. Elle se souvient.

Naguerréotype

J’ai acheté.
Des vies arrêtées depuis longtemps, des visages, leurs aplats, noirs et blancs, il me manque leur voix, on ne peut pas tout acheter.
Leur histoire, je pourrais la raconter.
L’antiquaire emballe le médaillon.
La boîte n’est pas d’origine, me dit-il
Ce n’est pas grave, ce n’est pas pour un cadeau.

La broigne

Se tanner à la

Fièvre, à la rage, ne plus

S’en laisser conter.

Temps mort

L’heure douce, celle où cessent

Parfois les guerres, les larmes

Sèches, du sel des pleurs.

Red flag

Le parfum, le faire
Durer jusqu’à brûle-pourpoint,
Jusqu’à l’extinction.

Chambre noire

Mes linges mouillés sur
Le fil, photos attendant
La révélation.