Arturo Bandini
Je me lève, m’assois
Au bord du lit, me dis, quel
Serai-je. Aujourd’hui.
Je me lève, m’assois
Au bord du lit, me dis, quel
Serai-je. Aujourd’hui.
Brouillard épais, l’étang y est sûrement pour quelque chose, mais il se lèvera.
Et je me sens limpide.
Je ne pourrais trouver de meilleur bout du monde que là bas. La forêt est vide, ne la traversent que les lances transparentes des rais de lumière, et le bruit du torrent. Et la glace bleue du ciel, à peine rayée par l’épine de l’aile d’un oiseau.

Jpeg
Les visages, je ne fais pas d’effort, il y a les photos, des films, parfois. Mais les voix, que j’use jusqu’à la corde, que je tords dans tous les sens, pour qu’elles crient et se donnent à entendre encore une fois.
Mémoire de forme de
La blessure, elle ne tarit
Pas. Elle se souvient.
J’ai acheté.
Des vies arrêtées depuis longtemps, des visages, leurs aplats, noirs et blancs, il me manque leur voix, on ne peut pas tout acheter.
Leur histoire, je pourrais la raconter.
L’antiquaire emballe le médaillon.
La boîte n’est pas d’origine, me dit-il
Ce n’est pas grave, ce n’est pas pour un cadeau.
Se tanner à la
Fièvre, à la rage, ne plus
S’en laisser conter.
L’heure douce, celle où cessent
Parfois les guerres, les larmes
Sèches, du sel des pleurs.
Le parfum, le faire
Durer jusqu’à brûle-pourpoint,
Jusqu’à l’extinction.
Mes linges mouillés sur
Le fil, photos attendant
La révélation.