À fleur
La tombe-leurre, noire
De pleurs, et l’autre. Plongée
En l’invisible
De ton coeur, demeure
Des années d’Agnès sèches
Son emplacement,
Sous les sables des steppes. Celle
De Gengis Khan
Agnès, février 1990
La tombe-leurre, noire
De pleurs, et l’autre. Plongée
En l’invisible
De ton coeur, demeure
Des années d’Agnès sèches
Son emplacement,
Sous les sables des steppes. Celle
De Gengis Khan
Agnès, février 1990
Le vieux sapin si
Vieux que son tronc est le frère
Du dos argenté
D’un grand gorille
Aux confins sombres
D’une branche, Forêt Noire,
Traversé de la lame
D’une aiguille,
Le point infime
De verre soufflé qui rougeoie,
Pulsatile,
Où nous sommes,
Infinies grappes d’hommes,
Et personne ne nous voit
Haut. Un poteau de
Barnum, qui se plie en quatre,
Faire coïncider
Son reflet
Sur le velum
De la goutte
De rosée
Au moment
Du rangement des vêtements
Le mouvement
En contremarche d’escalier,
Étouffant.
Le pull en laine
À cru,
Sur la peau,
Absurde cilice,
Nul, pas même
Un dieu très vieux,
Qui claque des dents,
N’attendra jamais
Autant de toi.
Laisse l’hiver
À sa place,
La nuit
Parfois, tu te demandes,
Ce que pèse,
Une robe de princesse
Tu songes alors
À cet homme,
Qui est entré
Dans sa pierre
Taillée à sa mesure,
Poincheval A.
Tu vois de la terre rouge
Des croix de saint André qui flottent,
Le bois desserti des colombages.
Le torchis blanc rosit,
Et les images dévalent,
Par tombereaux,
La plaine irisée,
Millions de boutons de nacre
S’écoulant des réservoirs,
Soleils à la benzine,
Ebrus, beaux à pleurer.
Tu vaques dans la maison,
La tienne tient debout.
Demain, viendront des amis
Du pays du mistral,
Sabreurs de rubans.
La nappe.
La vaisselle brille
Dans le deux-corps de noyer,
Ne gâche pas leur lustre,
Suspends un instant
Tes battements de coeur déchiquetés,
L’eau coule,
Mais ce cercle-là
Ne se fissure,
Les anneaux de leurs bras.
Avant l’au-revoir,
Nous aurons échangé
Notre verroterie, nos ortolans,
Nos poisons violents,
Eux, les banons,
Les alentours de
L’abbaye de Montmajour,
Contre l’onguent
Dans son pot de grès rond,
Griebenschmalz,
Qui sent la fumée du plateau,
Un cérat, dans un coin du
Tableau.
Puis enfouir ces moments,
Ainsi que le fit Mémé
De son trousseau de draps,
Au fond du jardin,
Avant l’évacuation,
Vers le pays de Charente
Y revenir plus tard,
Les humer,
Comme un avare, sa cassette,
Jour heureux,
Parmi la fange des heures.
« Allez les gars, on progresse ! »
Sa cueillette de
La fleur de de krill, patience
De la baleine
Feuillette les pages noires
D’un bloc de lauze, recueil vide.
Jusqu’à l’empreinte,
Révélation du sommeil
De la crosse, trace
Du creux dans la pierre,
Et son absence,
Feuille de fougère
Transportez-nous sur des tapis volants,
Pour des Toussaints de cimetières mexicains,
Des couronnes de fleurs vraies,
Celles des pompons de laine aux couleurs fraîches,
Bouquets de papier crépon, s’il se pleurait de trop,
Ce serait mouchoirs, sous nos yeux, des pétales
Rouges, et cyan, les coquelicots salés, et les bleuets,
On les aurait emportés,
L’alcool au citron vert,
Les bougies, une mèche en flammèche sur le crâne,
Sur les maisons des morts
Le soleil, en équateur
La longue saignée qui crève le grès, la craie,
Incise le paquet de nerfs de la grand’ville,
J’ai préparé un viatique d’angélus,
Qui tinte son sept heures, roule son bronze pur
Au travers d’un banc d’oiseaux. Demain, j’aurai faim
Et la ville est un désert, de tout, et de rien
Du paysage, l’un
S’éloigne, l’autre se rapproche
Oiseau bicéphale