Autour de l’étang, segment 29
Droit comme un i noir, le cerisier, Pierrot enfariné.
Droit comme un i noir, le cerisier, Pierrot enfariné.
Doucement, je deviens Indien.
Le chemin est une paume, dont je déchiffre le mandarin, plus aisément, maintenant.
Du crottin.
L’esquisse, lointaine, d’un cavalier.
Et la bouse finira par fondre, galette sèche et dure, un pain de guerre verdâtre, dont tout un petit monde fera sa manne, de l’oiseau au lombric.
Sur la digue, un laque écarlate, une écrevisse fracassée, tombée du bec d’un oiseau, peut-être.
Et puis là, les poteaux des champs, épais comme des traverses de chemin de fer, rétifiés, avec le temps, le bois, gris de lichen, est un granit écorcé, qui ne garde rien d’autre qu’une herbe haute et grasse, il n’y a plus de bêtes dans le pré.
Les barbelés rouillés, les oiseaux s’en moquent, et leur chant chasse l’écho du meuglement des vaches.
Être berger, suivre avril, ses saisons, son moutonnement, dans les champs qui osent, pays d’Oz, les verts et leur explosion, et le ciel qui fond son azur sur l’étang.
La cage est si grande, je peux voler sans me cogner. Est-ce cela, la liberté.
La lumière, son teint
Bleuté ce matin. Une veine
Qui bat à la tempe.
Hier, verte encore, la page blanche de la prairie, et aujourd’hui, en explosion, oh! jaunes, les onomatopées des primevères.
Un caillou nouveau
Venu sur le sentier, mon
Pied, désorienté.
Fouler son dernier
Feutre, un hiver de feuilles
Mortes, et attendre.
Cérémonie du
Thé. Se nouer. La lente
Montée. Le sentir.