Pour un sourd
Bam, le soc, la pioche,
Dans la glaise lourde, tout ce
Qui fend, je bêche.
Bam, le soc, la pioche,
Dans la glaise lourde, tout ce
Qui fend, je bêche.
Me voilà à vous
Ecrire, et vivre, qu’est-ce, quel
Goût cela a-t-il.
Nous sommes un pays de Galles, tout là haut, dans un repli, une encognure. Notre terre, comme un accroc, une fêlure, dans le coin d’un tableau. Nous parlons notre sabir, nos accents, coupants, nos ghettos les plus sûrs. Ici, le soleil tape, l’hiver tape, ce pays est une forge et nous dormons sur son enclume. Qu’y a-t-il de vert, de bleu ici, les yeux de nos pères, rougis, et noirs, revenus de la fosse, soutiers aux enfers.
Le reflet des pins,
Le vert de leur mousse sous l’eau
Pousse, forêt en mer.
Au bout de la route,
Une porte, de côté, il
N’y a rien. Passer.
Devant lui l’en-but.
Rien n’arrêtera dans sa
Course un Miura.
Damier rouge et blanc
Des carpes koï au fond de
L’étang. Cormoran.
Laisser les pas me
Dicter leur loi, ils disent
La douleur mieux que
Je ne saurais le
Faire, marcher, un mot, un pas
Chanson d’une scansion.
Posé du bout des
Ailes sur le vent, l’oiseau,
Ses ronds dans le ciel.
Verne, Vierne, Nemo et
Tuyau en point d’orgue pour une
Fugue sous les mers.