ce que vos yeux vairons

Catégorie: Atacama

« Nous n’irons plus au bois »

Gélive, un aubier de printemps, la naissance du sentiment.
Le paillis de mes mains, à ses pieds, entre le froid, et la frange de ses racines, le scion, fragile.
Mon souffle, doucement, et tiède.
L’arbre me choisira t-il, ma terre, contre la fin d’un exil.

L’orée, bientôt, l’été

La lumière, le ciel lavé à grande eau, blanc, et bleu Nattier, le dallage des nuages, les ombres, qui le mettent en lumière, les oppositions, le soleil qui se fragmente sur l’eau, les vaguelettes se couvrent d’écailles argentées, papier d’aluminium qui se froisse et se défroisse au gré du vent, sans un bruit.
Sens-tu ce que je vois, sur ta peau, les dents de lait du soleil de midi. Mai n’est pas cruel.

S’ajuster

Qu’est-ce que l’étang, petite mer, qui resserre ses rives, élégant, pour que je puisse en faire le tour.

Janequin

Les oiseaux ont-ils un jumeau, le partage d’un chant singulier, une même langue, un vocabulaire pépié, différent.
Merle, je suis moineau, tu chantes, il n’y a rien à comprendre.
Tu chantes, la mélodie me suffit, nous sommes oiseaux, demain, je te parlerai moineau.

Chanson

Jpeg

Jpeg

On n’enferme pas un arbre,
A quoi bon les barbelés,
On n’enferme pas un arbre,
S’il ne veut pas rester,
Tu rouilleras, solitaire,
Si tu n’es que fil de fer,
Tu n’auras rien compris.
L’arbre, rien ne le retient,
Ni ses racines, ni ton acier,
L’arbre est du bois
Dont on fait les oiseaux, et les chats,
S’il te choisit,
Ne bouge pas,
Jubile.
Et sens ta peau.
Tu es déjà écorce.

L.E.M., module 4

Quel sorcier, pour apprivoiser un corbeau, un oiseau, un chat noir, le poil, la plume laquée, un gommeux, et la gouaille de son cri, là-haut, sur fond bleu.

Autour de l’étang, segment 25

L’étang me tend la
Main, je la prends et j’ôte
Mon gant. Plus de froid.

Loin, les barreaux

La cage est si grande, je peux voler sans me cogner. Est-ce cela, la liberté.

Autour de l’étang, segment 23

Se faire saunier.
Recueillir la fleur, ce qui affleure, l’eau avec le passé, évaporés, ne reste qu’hier, son sel léger. Le bonheur, un bonbon qui fond sous la langue.

Rez-de-rêve, on peut écrire avec un coquillage

Jpeg