ce que vos yeux vairons

Catégorie: aube

Lehaïm

Là où je vis parfois. Il y a un cimetière solitaire. Des tombes seules, et des stèles entourées de lierre. Des pierres se couchant d’avoir trop attendu. Juste une main, avec dedans une pierre, un petit caillou. Pour dire, vous n’êtes pas encore mort. Puisque je suis venu.

25 ans après

C’était une plage.

Le sable était froid.

La mer était froide.

On ne s’y baignait pas.

Elle portait un tout petit manteau jaune.

Et un pantalon fleuri.

La photo aurait été en couleur, on y aurait vu un poussin dans une prairie.

Elle jouait.

Un seau, du sable.

A l’ombre d’un grand cube de béton.

L’ombre l’emportait.

Une ombre venue de loin.

Un matin de juin.

Un matin froid.

Presque l’été.

Miroir

Tête à tête avec

La nuit, ses noirs plus bleus que

Gris, une cigarette.

Lavis

Braille du brouillard sur
Le verre opaque du jour quand
S’ensable la nuit.

Dilution

Grimoire de la nuit,
Ses graphites gris noirs, le jour
Annonce la couleur.

Danser maintenant

La coupe était pleine,
Elle était vide maintenant.
Les lampions. Eteints.

Skywalker

Et si là haut me
Suffisait le seul halo
D’un ciel qui s’éteint.

Mondrian

Abscisses,
Ordonnées,
Carroyage
Des cieux,
Les nuages
Scarifiés
Par le rasoir
D’une aile,
Minces cicatrices
Surjetant
Les voiles bleu
Abysse
Du jour
A la nuit
Cédant.

« Waltz for Debby »

Un pardessus sur
Les épaules d’une robe de bal
Octroi du passé.

Voler

Un adverbe ou un
COD, s’arracher ou
Arracher un mot.