Contoir
Jus noir de la nuit,
Philtre de l’aube qui retient
Ses scories, le jour.
Jus noir de la nuit,
Philtre de l’aube qui retient
Ses scories, le jour.
A un monte-en-l’air
Qui vit d’avant en arrière
What time is it, sir ?
Le temps du choix était venu, comme un visiteur poli.
« En vérité, je me le dis ». Faire pour soi ce qui sera lu comme folie, « mais j’ai raison ». Hedda tint bon. Elle ferma la boucle. La fille du capitaine Smith monta pour la première fois sur le pont. Seule à la manoeuvre.
Endimanché d’un
Bourdon chamarré, robe
Légère d’une fidèle.
Au chahut, réponse
Du silence, les remous
Apaisés reposent.
Ses phrases sans verbe, son doigt pour montrer le ciel, son adverbe dressé. Ses adjectifs, pas un pronom, une moitié de prénom, un vieil enfant gris et seul, marcheur en lisière, gilet jaune, gilet sale que les phares des voitures ne réfléchiront plus. Ses pas se sont tus sur une dernière promenade, Antoine enfin redevenu. Il n’y aura pas l’encens d’un chant de requiem pour toi; a-t-on chanté à ton baptême, petit enfant ?
Anti parti. Antoine n’est plus là.
Ses peaux d’argent, longue écharpe grise tendue, s’écarquillant sur les membrures, un tambour gonflant sa voilure quand les élingues se détachent, laissant filer contre l’azur le balsa d’acier de sa carlingue; au ciel, ses eaux profondes, les nuages en algues blanches dérivant, cordages de kelp, amarres légères s’enroulant parfois au passage d’une aile dont l’oubli avait omis de replier la ramure.
L’effroi
D’un mot
Qui refroidit
Sans avoir dit
Les pourquoi ?
Les pour toi
De sa mélodie.
Libre comme l’air,
Ses eaux au vent caracolant,
Lent, le lac respire.