May’s day
La mémoire s’écume,
Croix silencieuse de l’oubli,
Le ciel s’est éteint.
La mémoire s’écume,
Croix silencieuse de l’oubli,
Le ciel s’est éteint.
Emile
A Wilno,
Un pont
De mots,
Jetés
D’outre-tombe,
Par l’airain
De l’amour
De Mina.
La longue apnée
De l’hiver,
Qui me prive
De lumière,
Comme un plongeur
Se soustrait à l’air,
Je guette, avide,
Les rives du printemps
Qui hâte ses levées
Du matin
Comme un facteur
Pressé.
Les fins de nuit
Se troublent enfin
Du lait
D’un petit jour
Crayeux.
La lutte prend
Fin.
Derrière les volets, un soleil impatient comme une jeune jument. Je m’ouvre à la journée, avec l’envie de m’enraciner, comme on plante un arbre. Qu’il porte longtemps des fruits dorés.
« Elle a trahi »
Le fil de la voix de Max qui tranche la surface du silence comme un silex.
« Ecoute moi, Max, écoute moi bien »
Irène parla. Elle parla longtemps. Il fut question d’une trahison. Et d’un serment imprononcé.
La vacuité de ses jours, lourds de son seul ennui. Elle guettait en vigie la bascule des restes du jour dans la nuit et l’érosion de la lumière. Elle avait besoin de noir. Elle se remémorait et convoquait ses fantômes. Sans lui, son monde s’était étréci. L’étrange faculté d’Hédda de se rouler en boule comme une rose de Jéricho et d’attendre la rosée. Max lui était consubstantiel. Elle goûtait le poids de sa croix, aussi lourde qu’une fin de nuit, Max échoué sur son flanc droit.
Avant
De
Fondre
Dans
Les eaux
Troublées
De l’étang,
Le petit
Caillou
Trace
Son sillon
En cernes
D’eau,
Qui
Font
Chanter
Le chalumeau
Des roseaux,
Se froissant
Sur la rive.
La nuit
Crépite
Du cris
Des oies
Qui s’assemblent
En grand
Banc
Sur l’étang.
Demain,
Elles
Se seront
Envolées
Vers
Un hiver
Qui
N’aura
Pas
Répudié
Son été.
Au point du jour, j’ai
Cueilli, à peine éclos, les
Bleuets de vos yeux.
Le jardin est
Une volière,
Les fleurs pépient,
Une plume abandonnée
Vole mollement
Comme un pétale fané.