ce que vos yeux vairons

Catégorie: aube

Sous la veilleuse

Dans la couveuse, où je plonge la main,
Les flocons chauds et jaunes des poussins,
Ils dorment, leurs petites ailes parfois se soulèvent
Sur le coffre minuscule de leur bréchet,
L’odeur de plume tiède, les becs oranges,
Des épines dans le désordre, sur des boutons de rose,
Qui respirent doucement, l’un piaille
Je retire ma main

L’aurore orange et rose, le safran passé d’un sari
Pas un souffle d’air,
Rien ne remue les nuages, dans leur pépinière,
Rien d’autre, dans ma paume, que la couleur chair de ma peau

Clocher et réverbère

P_20190715_215420_006_1

Donnerwetter

Le buccin-piqueur*
Du réveil-matin. Où
Est passé le merle

*imité du marteau

Oiseau

Plumes en palmes du Simorgh sur mon visage,
Les palmes du ventilateur tournent, la nuit, la trame, le rêve est sa chaîne

Palier de décompression

Au creux du mortier,
D’entre les débris noirs et
Leurs moraines, De profundis,
Alp/traum, au coeur vénéneux
De la nuit, croît doucement,
En ronde-bosse, un piton de grès,
La brume, autour de la forêt,
Hans, redevenu Castorp,
Rayon rasant sur les piémonts,
Montagne/Magique

Tous mes tissus

Le vent se lève, convalescent,
Donne de l’éventail,
Je lève les bras, le bas de la robe,
Courtisane, femme de peu de vergogne

La brume, venue du bois de pins

P_20190607_154227_PN_1_1_1_2_3

Nuit blanche

Créature, guettée
Son territoire, mon sommeil
L’aube est ma licorne

Les serins

Perfection lente
Du vieillard décomposant
Sa danse, le matin

Son bras fend l’air, à
La manière d’un éventail,
Rosace à demi

Les autres vieillards,
Disposés en damier, roses
Noires des pantalons

Dans le parc, sous les
Aisselles des branches hautes, pendent
Des oiseaux en cage

Leur chant coule d’entre
Les barreaux de bambous, pot
De miel qui se brise

Nursery

Jpeg