Réverbère au verger

Comme un oranger
Penché sur son fruit qui roule,
Pépins de lumière

Comme un oranger
Penché sur son fruit qui roule,
Pépins de lumière
Morte, et au paradis, tous les matins je dois l’être, en ouvrant la fenêtre.
Côte sauvage, septembre 2018
Cette nuit, salmigondis, entre le gras du cauchemar, une effraction douce, la queue d’une comète, la maison de mes grands-parents, dans le salon, j’ai touché les volutes de bois du bahut.
La marge sombre du jour, un reste de nuit blanche, deux aimants qui se repoussent.
Mon petit pays.
Une gêne.
Un ongle incarné, un caillou, entre eux et nous.
Sans papier d’identité, cent papiers d’identité.
Sans langue aucune, il y en a tant.
Une terre que l’on foule, sans jamais s’arrêter, à marche forcée.
Nos cathédrales de grès ont des gueules de chevalement, et les yeux de nos pères, des yeux de biches, khôl de pharaon, la crasse, talc de charbon.
On ne s’y arrête pas.
Et pourtant, il y a là le pays de mon étang, bien à l’abri.
Un recoin de paradis.
Il y a la lumière, et puis l’ombre d’une pensée, mai en dissipe l’onde. Pourquoi résister au soleil.
Ce pourrait être un damier, si tout n’était pas désordonné, les carreaux, ni noirs, ni blancs, verts et oblongs, dérivant paresseusement à la surface de l’étang, les nénuphars, l’eau se couvre de leurs ocelles, une contagion qui bientôt fleurira, les nymphéas, feuilles de céladon.
Une main et son onglée, cette nuit, sur le front de l’arbre à roses, et la fièvre a flétri les fleurs qui se rident, sur l’herbe, une abeille, fanée.