ce que vos yeux vairons

Catégorie: aube

A.M.

Demain, après que le porteur de journaux sera passé. Il sera tôt, 5h30. Je prendrai le temps. Dehors, les doigts serrés autour d’un gobelet de café, la petite chaleur brasillante d’une cendre de cigarette. Je me mettrai en route. Voir les foulques sur l’étang, leur pastille blanche sur le front, comme une hostie posée sur le chanfrein d’un cheval. D’eux, je ne verrai d’abord que cela, un cordon de perles sillonnant la surface noire de l’eau.

La nuit

Semblable à un rognon de silex.
Dans ma main.
Un os de cerf.
Un percuteur pour casser son noyau dur.
Ouvrir la pierre.
Sa tranche lisse.
Un quartier d’orange noir.
Brillant.
Pépins de mica.
Et des inclusions grises.
Des veines marron.
Ainsi, la nuit.
Rien n’est vraiment sombre.
Il y a là toutes ses moires.
La lune, derrière un nuage.
Et la fonte du brouillard.
Lessive de la bruine où se disperse la lumière.
Le ciel, la brume.
Et dans la nuit.
Une joue argent.
Le rai d’une éclaircie.

Le jardin du maître des filets

Le mien est en herbe,
J’ai ouvert la porte aux arbres,
A l’eau du torrent.

A.M.

L’heure tant attendue.
Royaume éphémère, avant
Qu’il ne s’évapore.

Ponctuation

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Du verre filé, chalut rouge

Et vert des deux ailes.

 

La larronne

L’ aile clouée sur la
Porte, blanc crucifix sur le
Bois pourri de la

Grange, la hulotte s’ est
Tue sans un cri, un oiseau
En son paradis.

 

Mei-Shan

Emportée sur les

Toits enneigés, faire taire le

Chant de l’infidèle.

Un compagnon

L’été, son zigzag

Au moment de s’échapper,

L’armée des ombres.

Le bon génie

Remonter le temps comme un carrelet, la pêche étrange, le filet est troué, ce qui file, ce qui reste au fond de la battée, des herbes, du gros sable, de petits poissons argentés, et au milieu de l’inventaire, des cailloux de pyrite, parfois, la lueur d’une paillette, l’espoir d’une pépite.

La gemme des yeux, les bleus de ciel, les pers, l’onyx, et les odeurs, je débouche hier, ses flacons, et je salive, là, la lavande, Pour un homme, et là, peut-être est-ce ainsi que sentent les aubes au paradis, les anges ne sont plus harnachés, leurs ailes pendent à la patère, leur peau pour seul habit, et le rouge aux joues, partout.

Sentir bon

Mettre aujourd’hui son

Plus bel habit, sillage

Rouge d’un hommage.