😉
J’épluche. Les carottes.
Le journal d’appels. Parmi
Les fanes, trois brins bleus,
Des pieds d’alouette,
Maman au WhatsApp
J’épluche. Les carottes.
Le journal d’appels. Parmi
Les fanes, trois brins bleus,
Des pieds d’alouette,
Maman au WhatsApp
Un poisson à la
Robe Isabelle dans le
Carrelet, passe à
Travers les mailles
Du filet. Le pêcheur l’a
Élargie. Bonheur
Fabriquer une anche
Un peigne, aux dents fines, un papier de soie
Mon frère subtilise une feuille de Rizla Croix dans le carnet de notre grand-père
Le dispositif vibre entre nos lèvres, nous bourdonnons comme des mouches, éclats de rire
L’épine, un pépin
J’épépine, branche d’aubépine,
Mes doigts deviennent roses
À coup sûr, il est
17h00 quelque part, jour
Austral d’un été
Réveil, brindilles dans
La bouche, un battement d’ailes,
J’ai un goût d’oiseau
Pin parasol, pin
Nuage, et saule crevette, je
Rêve, les arbres Oz
Le vieux pêcheur, qui ne pêche pas.
Il observe le vol d’un rapace, son ombre par dessus les champs.
« Eine Weihe! Bou-zarde ! », et son geste ample, un éventail qu’il ouvre vers le ciel.
Il fait l’effort, alors j’approche.
Mon approche, de quel genre, Adler ?
« Adler ? »
Hum, il hoche la tête.
« Kleiner », et il rapetisse l’oiseau, l’aigle fond, son envergure s’ajuste, et le bou-zarde se fait busard.
« Ah,jo »
Les aiguilles gothiques du hochdeutsch s’arrondissent.
« Du rädscht platt ? »
Je hoche la tête.
Tout ce qu’il me dit alors, dans notre langue, les sept sources, les écrevisses, il fait le geste, il claque des doigts, comme on claque des pinces, le temps passe, l’étang est rond, une table ronde, il n’y a pas de frontière, « Bis bald ! », nous sommes dans le cercle.
J’ai vu un oiseau,
Minéral. Ma voix, l’appeau.
Il frémit. S’envole.
Je marche tête au ciel,
Mon pied est un vieux cheval
Qui regarde loin.