Run, baby run
Je l’écoute.
Il marche à grandes enjambées.
Là, il trébuche.
Le coeur a des ampoules aux talons.
L’amour est une chaussure trop petite.
Je l’écoute.
Il marche à grandes enjambées.
Là, il trébuche.
Le coeur a des ampoules aux talons.
L’amour est une chaussure trop petite.
Sur l’ingrain grumeleux et blanc du papier peint du salon, quelque chose de sautillant. Le néon scintillant d’un rayon lumineux, le soleil et son dessin au crayon dansant, le temps de l’écrire, un nuage passe. Et tout s’efface.
Le vent et sa meute, qui n’épargne rien, ni les portes qui grondent, ni les volets qui gonflent les voiles de leur ferraille, ici, il est souverain, ses proies de bois et de pierre sont faciles, mais là-haut, pour les venger, l’étang, et l’eau qu’il montera en mur, des vagues dures contre lesquelles en vain la horde s’éreintera.
Se pencher sur soi comme sur une battée, et voir, le coeur battant, briller parmi le sable, les grains grossiers dont nous ferons notre or.
J’ai fait bleu, l’ombre
D’un nuage m’a pris sous son
Aile, finie, l’école.
Sous vos seuls pieds, un
Sable où seul vous échouez,
Votre terre. Elue.
Les deux mains
Sur le clavier,
Contrôler
Le pédalier.
Laisser filer.
C’est une cantate.
Un parachute s’est
Détaché du pissenlit,
Il va s’aissaimer.
Dans son reliquaire,
De beaux étés gardois et
Drôme solitaire.
Hedda était née à l’ombre d’un soleil solitaire, au fin fond du mois de juillet. Ses anniversaires oubliés par la diaspora d’une famille s’égaillant aux quatre coins des plages atlantiques, ses gâteaux réduits à la portion congrue et la bouteille de champagne trop grande pour eux quatre. Elle prit goût à cet alcool de grandes vacances, à ces douces ivresses de petite fille. Elle était une enfant de l’école buissonnière, du temps qui retenait sa respiration avant la plongée vers l’automne, ses cartables lourds sur l’épaule et ses tristes blouses grises. Son tableau de juillet était d’une ardoise bleue.