« Depuis le taxaudier »

A l’abri d’une grille.
D’une résille, d’un moucharabieh.
Se jucher sur la plus haute branche de quelque chose, derrière le réseau des frondaisons.
Éprouver, jusqu’à la lie du vertige.
Fixer le temps dans un pli du papier, conjurer l’encre de ne pas s’effacer.
Me voilà à vous
Ecrire, et vivre, qu’est-ce, quel
Goût cela a-t-il.
L’intaille, le camée de
Mie bise, boulettes de pain, sises,
Grises, sous la serviette.
Nous sommes un pays de Galles, tout là haut, dans un repli, une encognure. Notre terre, comme un accroc, une fêlure, dans le coin d’un tableau. Nous parlons notre sabir, nos accents, coupants, nos ghettos les plus sûrs. Ici, le soleil tape, l’hiver tape, ce pays est une forge et nous dormons sur son enclume. Qu’y a-t-il de vert, de bleu ici, les yeux de nos pères, rougis, et noirs, revenus de la fosse, soutiers aux enfers.
Lui faire dire ce que
J’ai envie d’entendre, Dieu
Est un joueur d’échecs.
Là, au sommet du
Grand taxaudier, un garçon,
Un pas de côté.