06/06

Blanc transparent blanc
Blanc blanc blanc, l’air est une couche
D’apprêt. Disparaît
Ni duplication
Ni duplicité
Obstétrique, il a sué
Tout l’art de la transmission,
Et nous la becquée
Un maître, enchanteur
Petite élève petite, sur mon carnet de notes
Impossible de la maquiller comme une voiture volée, l’empreinte digitale
En souvenir lumineux, Christian-Jacques Demollière
L’ison, en tison,
Neume en boule de gui, et Gui
Trace une ligne rouge,
Jonc de cornouiller
Andains de la pierre
Jaune de Jaumont, sonne la Mutte,
Baille le Dragon
Un neume. Une lettre
Coufique, le « ch », par exemple.
Racine chantournée
J’entre.
La salle est claire, un piano droit.
Nous nous disposons, pauvres goliards en un minuscule demi-cercle, contour d’une absidiole.
En son centre exact, fiché comme la pointe sèche d’un compas, un arbre.
Qui se met à brûler, pour nous.
L’intelligence, et la bonté, un buisson ardent.
Qui se fait braise, l’humilité, et nous réchauffe, sans nous consumer.
J’ai la gorge sèche.
Ding, 9h00, à l’airain clair du clocher de sainte-Ségolène.
La gorge serrée.
J’écoute l’arbre à chanter, chanter, et pauvre goliard, je croasse.
L’ison, filé comme une pâte de verre que l’on étire, variation de la lumière, une altération, oh, à peine, quelque chose qui vient s’appuyer, plexus solaire, et la note change, un nuage, le diaphragme qui n’en puit mais, le souffle se tuile, bouche à bouche, et renaît.
Les mots-cristaux, le
Vers ordinaire, ménagère,
Les fiers, les moins beaux.