Thé brouillé
Sillage en V, carreau lent d’une flèche, un canard fend un reflet, sur l’eau, du lait, quelque chose du ciel, qui s’ennuage
Sillage en V, carreau lent d’une flèche, un canard fend un reflet, sur l’eau, du lait, quelque chose du ciel, qui s’ennuage
Septembre, je suis les nuages migrateurs, ailleurs, septembre, un hémisphère différent, la fin de l’hiver, ici roux, là-bas vert, septembre au printemps, les nuages-mages n’annoncent pas pour moi la naissance de la lumière.
Au-dessus des nuages.
En dessous, la rumeur, l’agitation, sarabande désordonnée, nous n’avons pas appris des fourmilières.
Du bruit, de la fureur, sur le bord d’une tête d’épingle.
Sommes-nous plus, vus des confins.
Le temps de le prononcer, rien.
Pas même une piqûre dans le cuir de ce qui nous entoure.
L’univers nous gobe, et nous digère.
Nous, hommes, sommes le gaz de son rot.
Vous êtes, pulsar, et je n’ai pas la clef pour vous lire.
Je vous regarde.
Voici, de quoi écrire.
Une étoile filante, et mes yeux se desillent.
L’été, le ciel, dilaté, et après le ciel, après, il y a quoi, derrière.
Le ciel, jusqu’alors doré et presque blanc, à force de soleil, se trouble maintenant, du bleu-thé, aux nuages pu’er.
Je file, des forces formidables se rassemblent à la surface de l’étang.
Et tout est étain, le ciel, le chant des oiseaux, Roland Furieux, il ne reste que les corbeaux, et leur rocaille, décomposition du bleu, les nuages sont amas de laine sale, le suint de la pluie, qui emporte un duvet de mésange, petite médaille un instant suspendue, et.
Flash au magnésium, le visage de folle de la forêt, les tubulures de l’orage, des piétinements, un séisme de bêtes sauvages, pris par l’éclair, et le tonnerre, tout halète, le tonnerre, en forêt noire, comme sur les hauts de Cracovie, le joueur de trompette, crac
Le billot joue, ses épaules se jouent des ficelles, colliers de noyaux dénoués, il a découvert la portière, et ses cailloux de pêche, qui bée, l’été, sur le jardin, il s’enroule autour des rameaux mouvant sous le vent, comme on se scelle, Carlos Gardel, autour du buste-liane d’une danseuse de tango.
Des morceaux de bouteille, sur le bas-côté, et soudain, la route se met à miroiter, l’arbalète se tend jusqu’à mon oeil, le verre d’un carreau