ce que vos yeux vairons

Catégorie: ciel

Clearance

Hedda eut conscience du fracas du vent et laissa aller son souffle lentement. Ils ne l’entendraient pas. Ils tournaient lentement autour de l’appareil, la voie était libre. Sans quitter du regard les deux dos qui conversaient, et dont elle ne saisit pas les propos, elle se coula vers la sortie, vague silencieuse.

S’assumer

Un parachute s’est
Détaché du pissenlit,
Il va s’aissaimer.

Skywalker

Et si là haut me
Suffisait le seul halo
D’un ciel qui s’éteint.

État des lieux

« Elle est fidèle à sa blessure. Elle n’autorise personne à la consoler. Tu sais, elle est avec nous. Mais elle est avec toi, son regard nous traverse. Quand il y a du soleil, elle se met à ton ombre »
Max ne dit ni ne fit rien. Comme Hedda.

Tonneau barriqué

« Tu es celui qu’elle a besoin de chercher, Max. Et elle a peur de te trouver. Le jour où cessera sa quête, elle partira. Ce jour là, sois plus grand que tout le reste. Peut-être qu’elle te restera » dit Irène à Max

Pronom

Son prénom, imprononcé. Pour lui, elle avait été elle, ou vous. Max n’appelait pas autrement les gens.
Là haut en vigie, Hedda attendit. Ici, il n’y avait de mer qu’une houle de sapins noirs et verts. On ne pouvait se jeter à l’eau, ni par jeu, ni par désespoir. On avait l’alcool pour se noyer, la cigarette pour se griser. Et des avions dans un hangar pour oublier.

Deep blue

Time after time after time after time

Hier Hedda,
Hier déjà,
A quatre temps
La valse, quatre
Lettres plus une,
Promenade sous
La lune, les chants
Nocturnes et l’aube
Qui n’arrive pas,
Un hiver qui
N’avait pas froid,
Les doigts en sang
Traçant quatre et
Quelques mots, de
Soir en noir quand
Nul ne sombrait,
« Je partirai,
Si au sommeil
Vous cédez »,
Voussoyer ces
Temps conquis au
Jour, s’avancer
Encore, toujours
Vers la nuit, en
Franchir les seuils,
Soleil en deuil
Et coeur léger,
Convoquer Puck,
Obéron et
Bâtir, portés
Par le vent, les
Murs de notre
Seul Panthéon.

Fin de la chanson

Sans plan de vol

Sans autre carte que les poinçons des étoiles trouant le ciel, se fier à leurs déviations, Hedda fixa l’horizon encore noir, comme on lirait le braille d’un marc de café. Elle connaissait la route, les nuages comme autant de pierres en écueil. L’ivresse de la poussée quand elle quitterait le sol. Puis le calme.
La concentration.

Bestiaire

Noé, capitaine
De son arche, une caravelle,
Guppy et gazelle.