L’oiseau-lire
Sa plume, son bec,
Qui crayonne le ciel d’une
Mine réjouie.
Sa plume, son bec,
Qui crayonne le ciel d’une
Mine réjouie.
J’ai saisi la canne brûlante du verrier, l’âme de mes doigts s’y est brûlée. Le charbon s’est fait crayon, et souffle le Biot de ses mots, lourds de leurs bulles d’air qui s’élève, et que jamais plus vous ne cueillez.
De l’hiver,
Sa pâte
De verre,
Votre surgissement
De février
A soufflé
Une paraison,
Un vêtement
Transparent
Comme
Lumière,
Dont vous
Avez
Cassé
La coque,
Un matin
Qui n’avait
Plus rien
De l’été.
L’âtre
Où je
Jette
Mes insensées
Bûches
De papier,
Mes feuilles
De plancher,
Mes murs
Noircis
De lés,
Tout
Ce qui a
Bu
Mes encres,
Le gras
De mon crayon,
Je jette
Sans relâche,
Jusqu’à la corne
De mes doigts,
Pour ne pas
Que vous vous
Eteigniez.
Les miettes,
A la fin
Du repas,
Le passé
Qu’une main
Qui se distrait
Sur la toile
Cirée
Cueille,
Entre le verre
Et la cigarette
Posée,
Quatre photos,
Votre regard
Qui se disperse,
Penché.
Sauf une,
Mais la vitre
L’a voilé.
La cartomancienne
Peut-être a lu, anciennes,
Nos amours perdues.
Le passé que l’on
Voudrait défroisser comme une
Boule de papier.
La mémoire s’écume,
Croix silencieuse de l’oubli,
Le ciel s’est éteint.
Petit libelle en
Une bouteille jetée à l’eau,
Vaisseau de verre bleu.